samedi 16 décembre 2017

Kaliméra-Bonjour

Nicole Dubois-Tartacap, Kaliméra. Séjours et
songes en terre grecque, Transboréal,
426 pages, 13,90 €
Le regard du voyageur assidu n'est pas aussi superficiel que celui du touriste pressé, celui qui avale les kilomètres sur les autoroutes ou à travers les nuages. Au fil des séjours, il se perfectionne -- dans la connaissance de la culture, de l'histoire, de la langue du pays dans lequel il aime revenir. Il a même ses habitudes -- dans les transports et sur place où il s'est créé des coins favoris : l'habitude n'a pas que des mauvais côtés. Mais il n'habite toujours pas ; il se trouve, vis à vis des lieux et des gens, dans la situation du connaisseur, de l'amateur, de l'admirateur.
Il semble que c'est de ce regard bien informé, chaleureux et passionné que procèdent les " séjours et les songes " de Nicole Dubois-Tartacap en terres grecques. Kaliméra est le titre de son livre en même temps que l'un des premiers mots que l'étranger apprend de la bouche de ses hôtes : bonjour !. Et Nicole Dubois-Tatacap l'a entendu prononcer de Monemvasia (le village natal du poète Yannis Rítsos et du vin de Malvoisie) à Nauplie, d'Epidaure à Thèbes. Elle a entendu les chants des îles et le rébétiko ; elle a vu les yeux de diamant noir des Maniotes, comme vous pourrez les voir en parcourant les terres au sud de Sparte.
C'est d'un regard très voisin qu'étaient nées, il y a peu, les observations et les réflexions de Philipe Lutz dans Îles grecques mon amour (Médiapop éditions) qui, comme son titre le laisse entendre, est consacré à ses vadrouilles répétées dans les Cyclades.

vendredi 15 décembre 2017

L'amour des fleurs

Le Pouvoir des fleurs. Pierre-Joseph Redouté
(1759-1840), Paris Musées, 152 pages, 29,90 €
Ceci est l'un des " beaux livres " les plus remarquables de la fin d'année.
Il est consacré à Pierre-Joseph Redouté ( 1759-1840), un naturaliste, un dessinateur et un peintre de fleurs dont le libraire vous encourage à faire la connaissance, si ce n'est déjà fait. Redouté vécut et participa directement à l'âge d'or des sciences naturelles, quand la botanique, les beaux-arts et les arts appliqués se dansaient d'un même pas.
Le livre retrace la carrière d'un infatigable collecteur qui s'intéressa à toutes les formes d'expression florale, qu'il s'agisse des roses familières, du pavot d'Orient ou des plantes grasses exotiques. Ses rendus sont d'une exquise subtilité, alliée à la précision scientifique.
" Il n'y a aucune incompatibilité entre l'exact et le poétique ", dira plus tard (et dans un autre contexte) Victor Hugo. Comment ne pas être d'accord devant les planches, superbement reproduites, de Redouté ?
Faut-il dire pouvoir ou amour des fleurs ? Toujours est-il que votre cueillette dans la librairie pourrait se poursuivre avec Flora Allegoria qui retrace l'histoire de l'illustration botanique depuis le Moyen Âge jusqu'à nos jours, à partir des collections de la Bibliothèque nationale de France. Le libraire est tombé en arrêt devant une planche de chardons, où s'ébattent papillons et un minime insecte et il n'est revenu que beaucoup plus tard (il fallait s'y attendre) de son voyage végétal.
Flora Allegoria, Bibliothèque nationale de France,
192 pages, 35 €

mercredi 13 décembre 2017

Il ya en nous quelque chose de la Mésopotamie

De Gilgamesh à Artaban. 3300-120 av. J-C,
Belin 1040 pages, 58 €
Au risque de nous entraîner un peu loin des chanteurs de rock, de leur vie, de leur trépas, les éditions Belin continuent la publication de leur belle histoire des civilisations anciennes sous la direction de Joël Cornette.
Le dernier volume paru est consacré aux Sumériens, 5000 ans avant Johnny Hallyday.
Bertrand Lafont, Aline Tenu, Francis Jaonnès et Philippe Clancier ont composé ce qui nous semble être la chronique la plus complète à ce jour en français sur la Mésopotamie
Gilgamesh, roi d'Uruk, souvent fêté par le libraire, et Artaban, roi des Parthes, ouvrent et ferment un récit historique de près de trois millénaires. Ruines, tablettes, figurines, briques ou sceaux-cylindres ont légué leurs traces sur le terrain et dans les musées. L'illustration abondante qui peut ainsi ponctuer le texte des historiens rend plus proches ces rois, ces guerriers et leurs chars, ces divinités aux grands yeux.
Sont déjà parus dans la collection " Mondes anciens ": Préhistoires d'Europe et L'Egypte des pharaons.


De Narmer à Dioclétien. 3150 av. J-C-284 apr. J-C,
Belin 848 pages, 49 €

mardi 12 décembre 2017

Véronique Lopez en dédicace

SAMEDI  16 DECEMBRE, à 15 h 30,
Véronique Lopez dédicacera
Ces Auvergnats qui ont fait l'Histoire
(éditions Le Papillon rouge)
 
 
Extrait :
 
" Bon nombre d’entre eux sont restés célèbres comme le marquis de La Fayette, Albert Londres, Blaise Pascal, Coco Chanel, Fernand Raynaud ou le Président Georges Pompidou
Mais qui se souvient encore de l’incroyable George Onslow, célèbre compositeur que l’on appelait le Beethoven auvergnat ; de Jeanne Labourne, véritable icône de la révolution russe ; ou encore du député excentrique Philibert Besson qui inventa et fit circuler dès les années 30 la première monnaie européenne ? "

lundi 11 décembre 2017

Samedi BD (26)

Ce vingt-sixième SAMEDI BD a été cornaqué par Esilda,
dont voici cinq coups de cœur :
 
Emmanuel Lepage, Ar-Men,
Futuropolis, 96 pages, 21 €

Aude Picault, L'air de rien, Dargaud,
72 pages, 16,45 €


Zidrou et Edith, Emma G. Wildford,
Noctambule, 102 pages, 19,99 €

Chabouté/Herman Melville, Moby Dick, livre premier,
Vents d'Ouest, 118 pages, 18,50 €

Pedrosa/Gaignard, Serum, Delcourt,
150 pages, 18,95 €
 
 
Vous n'étiez pas là, samedi dernier ?
Vous avez rendez-vous avec SAMEDI BD
et Esilda le 13 janvier 2018.

samedi 9 décembre 2017

L'oxygène de janvier

Joël Gayraud, La Paupière auriculaire,
Corti, 260 pages, 19,50 €
" Je pourrais dire de ma bibliothèque qu'elle constitue mon exsoquelette spirituel, qui grandit avec moi, s'accroit autour de moi, comme la carapace du homard ou de la tortue, et que le nombre de rayonnages peut rendre compte de mon âge aussi bien que les cernes de l'aubier trahissent l'âge d'un arbre. Cet exsoquelette n'est pas une simple carapace, mais un organe sensible, et s'apparente par là à la fonction  respiratoire de notre peau ; ma bibliothèque me protège des agressions de plus en plus intolérables du monde extérieur, mais aussi régule les échanges entre lui et moi. Ces milliers d'ouvrages, lus, relus, soulignés et annotés, jouent le rôle d'une membrane qui me permet de filtrer et d'amener jusqu'à moi la meilleure partie de ce qui s'est pensé au dehors. "
Voilà ce que l'on pourra lire, dès le 4 janvier, dans La Paupière auriculaire, de Joël Gayraud, qui paraîtra aux éditions José Corti.
Impatiemment attendu, chez le même éditeur, Parce que l'oiseau de Fabienne Raphoz.


Fabienne Raphoz, Parce que l'oiseau,
Corti, 192 pages, 15 €

jeudi 7 décembre 2017

Haïku et sonnets

Laurent Albarracin, Plein vent, 111 haïku,
Pierre Mainard, 48 pages, 10 €
Et la poésie dans tout cela ? Voici ce que répond Laurent Albarracin en 111 haïku précisément, des haku de Plein vent. Ce qui donne ces résultats exquis :

Une noix qui tombe
et le silence
se fait coquille

Ecureuil
courant sur la route
grignote la route

Echappe d'une haie
ce juron délicieux :
le merle

Tout y est : la précision de l'observation ; la rapidité de la notation (en 17 syllabes ou non) ; un rien de la malice indispensable.

Et encore :

Crapaud
sourire fendu jusqu'aux flancs
boîte de quelque perle

Robert Marteau a choisi le sonnet (14 vers) et l'alexandrin (12 pieds). Comme ceci :

La vie a été un long loisir, consacrée
Toute à la frivolité, aux jeux de l'amour,
Aux hasards du jeu, à jouer la tromperie.
Ce fut un emploi du temps rigoureusement
Réglé où les imprévus étaient ménagés
Et chaque quiproquo prévu de longue date.
Derrière soi ne pas laisser la moindre trace
Sans qu'il soit question de s'en préoccuper,
Faire de tout son août et jamais n'engranger rien,
Faire d'ailleurs son lieu sans un pas qui y aille,
En ses châteaux loger seulement ses chimères,
Ponctuel improviser l'attente, se rendre
Au rendez-vous manqué rien que pour se le dire,
La vie étant à tout prendre un trop bref loisir.

Robert Marteau tient de la sorte un " journal en sonnets ", dont cet exemple, noté le 19 août 2005.
Robert Marteau, La Venue (liturgie VIII,
2005-2006), Champ Vallon,
192 pages, 16 €