lundi 6 août 2018

Les jeunes campagnes de Patrick Cloux

Patrick Cloux, Mes oncles du dimanche,
Le Temps qu'il fait, 256 pages, 21 €

A lire le résumé qui annonce sa parution, le libraire ne se tient plus de découvrir le prochain livre de Patrick Cloux :

" Fidèle à une méthode éprouvée dans ses livres précédents, l'auteur examine différentes manifestations de l'art à la lumière de souvenirs de sa jeunesse, évoquant une enfance démunie dont l'art et la littérature sont venus combler les manques affectifs. En "nostalgique de l'avenir", c'est à la "création libre des couches populaires" qu'il s'intéresse principalement, à quelques naïfs, à divers singuliers, bruts répertoriés comme bricoleurs oubliés qu'il entasse dans sa brocante imaginaire, son insolence stimulée par l'insolite et son goût du coq à l'âne bousculant les "conventions esthétiques". Sa rêverie buissonnière nous invite ainsi à un inspirant dimanche à la campagne. "

Qu'ils arrivent vite sur l'étal du libraire ces Oncles du dimanche !

samedi 28 juillet 2018

Les nourritures terrestres de Christine Flament

Christine Flament, Ces paysans qui nous nourrissent,
Des ronds dans l'O, 18 €
L'auteur et illustratrice d'albums jeunesse et de carnets de voyage, Christine Flament, publie Ces paysans qui nous nourrissent, dans la bien nommée collection Respire, des éditions Des ronds dans l'O.
Ce livre aquarellé est le fruit des nombreuses rencontres qu'elle a faites en sillonnant le massif que l'on dit central, depuis Châteldon, à un jet de pierre de Vichy, où elle a son atelier, jusqu'au mont Aigoual et au Larzac. Et même en Côte d'or et dans le Nord.
Entrepreneurs forestiers, éleveurs de vaches allaitantes, maraîchers bio, ou le tout à la fois, Sylvie, Marie-Pierre, Olivier et les autres se battent comme de beaux diables pour mener une vie décente et offrir des produits de bonne qualité. Tandis que Messieurs OGM et Round Up rôdent dans tous les coins. Plus insidieux que la martre et le renard qui mettent la pagaïe dans les granges et les poulaillers.
Il y a quelque temps déjà, Christine Flament avait mené l'enquête, tout aussi aquarellée auprès de Berthe Morisot. A Paris, cette fois, et pour les enfants de 8-12 ans.
Christine Flament, Des violettes pour Berthe Morisot,
Ecole des lmoisirs, 48 pages, 12,70 €

vendredi 20 juillet 2018

SAMEDI BD : le dernier de la saison

Pour le dernier SAMEDI BD de la saison, Esilda a notamment choisi :
 
Joann Sfar, Aspirine, Rue de Sèvres,
140 pages, 16 €

Cyril Bonin, Presque maintenant, Futuropolis,
72 pages, 17 €


Zidrou et Aimée de Jongh,
L'obsolescence programmée de nos sentiments,
Dargaud, 144 pages, 19,99 €
 
Sylvie Gaillard, Frank Woodbridge, Kolonel Chabert,
Inversion, Grand Angle, 80 pages, 16,90 €


Cédric Villani; Baudoin, Ballade pour un bébé robot,
Gallimard, 232 pages, 24 €
 

samedi 7 juillet 2018

Prix Goupil : ils ont voté !

Claire Renaud, Les Quatre gars,
Sarbacane, 229 pages, 15,50 €
Décidément, cette année, la vie sur les îles rencontre le succès auprès des lecteurs de Vichy.
Après Tristan (Sabine Wespieser éditeur), prix du jury du rayon adultes, voici que Les Quatre gars (éditions Sarbacane) l'emporte au rayon des jeunes lecteurs.
Claire Renaud, et son roman qui se déroule sur l'île de Noirmoutier, rejoint donc Clarence Boulay, et ses îliens loin de tout au monde sur l'île de Tristan da Cunha.
Belle coïncidence, beau parallèle.
Nous en reparlerons.


Clarence Boulay, Tristan, Sabine Wespieser éditeur,
188 pages, 18 €

vendredi 6 juillet 2018

La fête à Pessoa

Fernando Pessoa, Je(ux). Petite anthologie, illustrations
de Ghislaine Herbéra, traduction de Patrick Quillier,
Chandeigne, 88 pages, 14 €
" Bas les masques… Qui est-il,  Fernando Pessoa ? On dit de lui qu'il est le plus grand auteur portugais, l'un des poètes les plus universels que l'Europe a connu au XXe siècle. Mais que sait-on de cet écrivain aux multiples talents ", interroge Joanna Cameira Gomes dans la postface de cette délicieuse mini-anthologie poétique.
L'idée qui a présidé à la confection de cet
" album ", où les illustrations de Ghislaine Herbéra se mêlent aux mots facétieux et nostalgiques du poète, est celle de l'enfance. C'est à l'enfance qu'il est demandé de nous révéler le " vrai " Pessoa. Derrière les différentes identités littéraires qu'il s'était donné. Derrière ses masques, son théâtre et ses feintes. Derrière son mentir vrai.
Et c'est dans ce pays de l'âge tendre qu'il se retrouve lui-même, plus vrai que jamais. Ecoutons-le un instant. De toute notre imagination :

" Jouant avec un jockey jaune, un chien vert
Et un cheval bleu qui apparaît par-dessus le mur
De mon jardin… Et la musique lance des balles
A mon enfance… Et le mur du jardin
     est fait de mouvements
De baguette, et de confuses rotations
     de chiens verts,
De chevaux bleus et de jockeys jaunes… "

N'est-il pas vivant ?
Un autre moyen de rejoindre Pessoa nous est donné avec Fragments d'un voyage immobile. Il s'agit, cette fois, d'un recueil de citations puisées dans la malle laissée par " l'homme aux masques ". L'esprit d'enfance n'y est certainement pas absent ; ni celle d'imagination et de rêve, qui ne sauraient toutefois épuiser le tout de l'homme et de son œuvre. Un long essai d'Octavio Paz (1914-1998), le poète et théoricien mexicain, précède le choix des textes, republié chez Rivages.

Fernando Pessoa, Fragments d'un voyage
immobile, choix et traduction de Rémy Hourcade,
Rivages poche, 125 pages, 6,60 €





jeudi 5 juillet 2018

Georges-Emmanuel Clancier

L'auteur du Pain noir (un succès tel qu'il fit de l'ombre au reste abondamment poétique de son œuvre) vint régulièrement à Vichy au titre de membre du prix Valery Larbaud.
 
Georges-Emmanuel Clancier vient de décéder.
Il était âgé de cent et quatre ans.
 
 
 

dimanche 1 juillet 2018

Montaigne présent

Bernard Bourrit, Montaigne, pensées frivoles et
vaines écorces, Le Temps qu'il fait, 230 pages, 23 €
" Le propre de la rêverie est de n'avoir ni corps ni suject. Elle s'enclenche sans cause, du moins sans cause externe. Spontanément cet élan agite, chatouill[e], réjouit l'âme, ou au contraire l'embrouille. Ce flux interne de pensées, sustenté d'inanité, alimenté d'ombres, crée pourtant bien des remous sur les visages : ce sont les grimaces estonnees, riardes, confuses, les éclats de voix ou les soubresauts des membres qu'émet l'homme seul quand il songe. Hanté par des visions fauces, cet homme-là negocie, dirait-on, avec son demon."

Dirons-nous gloses ? Explications ? Paraphrases ? Bernard Bourrit s'est incorporé l'esprit de Montaigne au point que tout ce qu'il en extrait est d'un parfait naturel. Les italiques abondants dans son texte pourvoient au rythme de la pensée. Ils soulignent, en outre, la saveur que présente pour nous une orthographe en allée, légèrement étrangère : à l'esquart.
Re-pensant ainsi Montaigne à sa guise (il ne cherche pas à dire tout Montaigne ; mais tout ce qu'il en dit est authentique), il lui est fidèle à s'y méprendre.