samedi 24 février 2018

L'art de la première page

Christiane Veschambre, Ecrire. Un caractère,
Isabelle Sauvage, 80 pages, 14 €
" Ecrire refuse d'aller au travail, de se mettre au travail. Il ne veut pas s'asseoir à son bureau, remplir ses heures, et boire un whisky sa journée faite. Ecrire voudrait ne rien foutre, que ce qu'il a envie de faire, quand il exige de le faire. On voit bien par là que c'est un enfant. Un petit anarchiste qui ne veut d'aucune contrainte -- que les siennes. Et c'est sa première contrainte : ne rien faire. Tant qu'il le peut,  celui qui abrite Ecrire (enfin, c'est plutôt qu'Ecrire s'est installé chez lui) contourne cette exigence première : il répond à d'urgentes tâches, se met à ranger, à nettoyer, ou il prépare de la nourriture, ou encore il répare.
Il ne sait pas qu'il obéit ainsi à Ecrire. Qui aime bien les gestes pratiques qui visent à ne pas lui ouvrir la porte, le repousser, le tenir à bonne distance et ce faisant préparent son accueil, dégagent l'espace de son attente.
Ecrire aime bien qu'on s'occupe. A certaines occupations. Ecrire invente son travail. "
Ainsi commence, et ne finit jamais, l'histoire d'Ecrire, personnage qui habite chez Christiane Veschambre depuis un certain temps et a tendance à y faire sa loi (ou sa non-loi, si l'on préfère) depuis pas mal d'années déjà. Mais le libraire est-il si bien informé ?
" Ecrire ne fréquente pas les biographes, qui croient parler de lui en racontant ce qu'ils appellent la vie d'un écrivain. On peut même dire qu'il déteste leur sottise méticuleuse, leurs pugnaces tentatives pour réduire en sujet de conversation celui, celle qui vécut l'irréductible avec lui, Ecrire. "
Christiane Veschambre, invitée d'À la Page, en compagnie du personnage Lire. Février 2016.

vendredi 23 février 2018

Le Grand débat des 9 et 10 mars prochains


Pour sa huitième édition,
Le Grand débat, qui se tiendra au Palais des congrès de Vichy,
réunira :
:
le 9 mars à 19h
le 9 mars à 21h
 le 10 mars à 14h30
le 10 mars à 16h
le 10 mars à 17h30

Le programme détaillé se trouve à la librairie,
sur le célèbre divan rouge.
 
 
L'entrée est gratuite et ouverte à tous.

jeudi 22 février 2018

Isaac Bashevis Singer voit rouge

Isaac Bashevis Singer, Keila la Rouge, traduit
de l'anglais (Etats-Unis) par Marie-Pierre Bay
et Nicolas Castelnau-Bay, Stock, 426 pages, 23 €
" Je n'attendrai pas cinq minutes de plus", se dit-il.
Il consulta sa montre et décida que, si Keila n'était pas là quand la grande aiguille serait sur le 3, il rentrerait chez lui. Il leva les yeux et la vit. Elle portait un panier et un gros paquet, comme si elle déménageait. Blême, le visage en sueur, elle vint jusqu'à lui et demanda :

Vous attendez depuis longtemps ? "
Bunem, Yarmi et Keila, les principaux personnages de ce roman inédit d'Isaac Bashevis Singer, ne sont ni des anges ni des saints. Mais ils ont une présence qui n'est pas celle des héros en papier des romans banals : il sont bourrés de vie. Habitués des prisons et des maisons de passe, ils font face comme ils peuvent à des conditions de vie pour le moins précaires. Les plans de nouvelle vie qui s'élaborent entre eux ont un caractère nettement aventureux. Nous sommes dans la Varsovie du début du XXe siècle. "On baignait dans la fange jusqu'au menton ". On voulait voir des " preuves que l'amour régnait malgré tout sur le monde." Les preuves, on le sait, tardèrent à se manifester.
" Il avait neigé pendant deux jours. Après quoi le gel s'était installé -- sur la chaussée, les bouches d'égout, les tas d'ordures. Il recouvrait les balcons d'une épaisse couverture, blanchissait les toitures rouillées et bouchait les trous des trottoirs. Dans l'appartement de Reb Menahem Mendel, le givre dessinait sur les vitres  des arbres gelés. Le rabbin faisait toujours le même commentaire : " ce sont des reproductions des figuiers et des dattiers qui poussent en terre d'Israël. "
Isaac Bashevis Singer

mercredi 21 février 2018

César, le sculpteur

César. La rétrospective, sous la direction de
Bernard Blistène et Bénédicte Ajac, Centre
Pompidou, 256 pages, 39,90 €
Le sculpteur César (1921-1998), l'expert en cabossage de voitures, l'artiste soudeur, le compresseur et l'expanseur tous azimuts, revient au premier plan : le Centre Pompidou organise une rétrospective de ses compressions, de ses expansions et de ses enveloppages jusqu'à la fin  du mois de mars 2018.
On s'interrogera conséquemment : le broyeur de Mercédès et de Dauphines était-il un classique ou un avant-gardiste ? Un rigoriste ou un instinctif ? Faut-il voir en celui qui ne faisait pas dans la dentelle, sauf en tôle et en mousse de polyuréthane, un figuratif ou un abstrait ?
Lui-même confessait que dans son œuvre on trouverait " l'Académie, le besoin de renouvellement, le quotidien, le témoignage
face à la civilisation industrielle, l'abstraction,
la fascination des matières nouvelles, mon désir de remettre de l'ordre, mon besoin de détruire, de reconstruire. "

lundi 19 février 2018

Kupka au sommet

La dernière exposition consacrée à František Kupka en France eut lieu en 2002, au musée d'Orsay. Elle fut alors présentée par les organisateurs dans les termes suivants :
" Vers des temps nouveaux : Kupka, oeuvres graphiques, 1894-1912, est la première exposition en France consacrée à l'œuvre graphique figuratif de l'artiste tchèque František Kupka (1871-1957), dont elle propose une réévaluation.
La période très féconde qui suit l'installation de Kupka à Paris demeure sous-estimée, éclipsée par l'importance historique et esthétique de sa contribution à l'art abstrait, dont il fut l'un des grands pionniers à l'aube des années 1910, aux côtés de Kandinsky, Delaunay, Picabia, Léger et Mondrian. "

C'est en tant que " pionnier de l'abstraction " que Kupka sera fêté au Grand Palais, du 21 mars au 30 juillet 2018. Gageons que l'abstraction d'aujourd'hui ne gommera pas les temps nouveaux d'hier et que l'on retrouvera, notamment, les dessins (deux cents exactement) que l'artiste réalisa pour le dernier ouvrage d'Elisée Reclus, L'Homme et la Terre.
Le catalogue de la prochaine exposition, ainsi que plusieurs monographies, de Kupka vont bientôt paraître : le libraire ronge son frein.

dimanche 18 février 2018

Et nous lierons nos pages !

Oui, lions nos pages : le groupe de lecteurs ainsi nommé va de nouveau se réunir à la librairie tous les derniers samedis de chaque mois. Voici un message qui donne les renseignements indispensables :
" Chers amis (e),
C'était bien agréable de nous retrouver une fois par mois pour échanger sur les livres que nous venions de lire ou ceux qui, au cours des années, nous avaient enthousiasmés.
Nous reprendrons donc les réunions de " LIONS NOS PAGES " à la Librairie A la Page de Vichy samedi 24 février de 14 Heures à 16 Heures. L'idée est de présenter, chacun à notre tour, un ou plusieurs livres avec lecture d'un ou deux extraits, le temps de parole étant réparti entre toutes et tous...
Les réunions auront lieu tous les derniers samedis du mois.
Un courriel vous sera adressé chaque mois pour rappel.
Vous êtes cordialement invités, venez nombreux !
Bien cordialement,
Marie Dubos et Milie Moratille "

samedi 17 février 2018

Cinq romans pour les ados

Esilda a sorti de ses rayons les cinq romans suivants
(pour adolescents à partir de 10 ans) :
 
Roland Fuentes, Vivant,
Syros, 188 pages, 14,95 €


Kari Smeland, La Famille Charivari et la maison
qui éternuait, Bayard jeunesse, traduit du néo-
norvégien par Aude Pasquier, 206 pages, 12,90 €

Martín Blasco, La Noirceur des couleurs, traduit
de l'espagnol (Argentine) par Sophie Hofnung,
Ecole des loisirs, 246 pages, 15,50 €


Sara Pennypacker, Pax et le petit soldat, traduit de
l'anglais (Etats-Unis) par Faustina Fiore,
Gallimard jeunesse, 320 pages, 13,90 €

Clara Richter, Ma bonne étoile,
Dreamland, 320 pages,14,90 €