dimanche 15 avril 2018

Prix Goupil des jeunes lecteurs A la Page : c'est reparti !

Ce sont donc des heures d'heureuses lectures
qui se profilent pour les membres du jury.
Et d'un.
 Et de deux, pour tous ceux qui découvriront
le lauréat du prix et l'ensemble de la sélection.
 Cette année, elle a été concoctée par Esilda.
Voici sans plus attendre les cinq romans en piste,
cités par ordre alphabétique d'auteur.
Le 23 juin, il n'en restera plus qu'un : le prix Goupil 2018 !
 
Florence Aubry, Titan noir,
Rouergue


Eva Kavian, Moi et la fille qui pêchait
des sardines, Oskar


Christophe Léon, Et j'irai loin, bien loin,
Thierry Magnier

Martin Page, La Première fois que j'ai (un peu)
changé le monde, PlayBac

Claire Renaud, Les Quatre gars,
Sarbacane
 

vendredi 13 avril 2018

Convention Star Wars 2018

Voici le programme complet de la 20e édition de la Convention Star Wars
rendant la ville de Cusset (Allier) célèbre entre toutes.
Comme chaque année, A la Page tiendra le stand de livres
les samedi 28 et dimanche 29 avril.
Comme tous les ans un comics Panini spécial Cusset n°7
sera mis en vente. Mais cette fois,  une autre surprise sera réservée
à tout acheteur sur le stand de la librairie.
La France entière en parlera,
nom d'un sabre laser !
 
 

mercredi 11 avril 2018

Cinq albums junior

Dans la besace d'Esilda, ces cinq albums ont chu :
 
Ella Bailey, Une journée dans la forêt amazonienne, traduit de l'anglais
(par un traducteur inconnu), Gallimard jeunesse, 13,50 €

Sarah Jacobi, Un jour avec toi, traduit de l'américain par Shaïne Cassim,
Casterman, 15,90 €

Rob Biddulph, Charlie est unique,
adapté de l'américain par Virginie Cantin, Milan, 12,50 €

Jean René, Arianna Papini, Drôles d'animaux,
Bulles de savon, 15 €

Nadine Brun-Cosme, Christine Davenier,
Le Troisième fils de Monsieur John, Sarbacane, 15,50 €


mardi 10 avril 2018

Le corps des bêtes

Andrée Wilhelmy, Le Corps des bêtes,
Grasset, 196 pages, 17,50 €
Le corps de bêtes a d'abord paru au Québec, chez Léméac, comme les deux premiers romans d'Andrée Wilhelmy, romancière québécois elle-même.
Le lecteur se trouve précipité dans un univers non daté, non situé, quoique d'une sauvagerie, d'une solitude naturelle propre à un large continent -- on sait que les auteurs n'aiment guère les comparaisons, mais certains récits de Julien Gracq (rien d'offensant, on le voit, pour Andrée Wilhelmy). sont pareillement sans repères géographiques ou temporels.
Ce qui participe du dépaysement est l'omniprésence du monde animal dans le milieu où vivent les personnages aux prénoms choisis : Mie, Noé, Seth, Osip, des prénoms très brefs qui ont une histoire, une ancestralité, mais que l'on n'entend pas si souvent prononcer par ici. Les animaux sont des ours, des poulpes, des lézards, des bourdons, des oiseaux marins. Mie, plus d'une fois, se transforme en l'un d'eux, épouse ses formes. l'esprit même de l'animal. Puis retrouve son propre corps.
Les corps, précisément, sont des personnages à part entière de cet égarant récit. Par quoi il appartient bien à notre époque.
La langue d'Andrée Wilhelmy est d'une belle précision, avec une préférence pour l'article défini qui lui donne un caractère impérieux : " Toute l'attention est portée à l'environnement immédiat. La nourriture, les prédateurs, la colonie. Le monde soudain est rempli de choses simples : le frémissement des herbes à l'orée de la forêt, le roulement des coquillages sur le sable, les crabes qui traversent la plage... Le vent sur les brûlures de sel... Le goût de beure et de métal du sang... Le son de sa propre voix... Les talons qui s'enfoncent dans le limon des marées basses...La raideur des vêtements lavés à l'eau de mer.."
Andrée Wilhelmy est née à Québec en 1985.

vendredi 30 mars 2018

Le football comme métaphore de la librairie

Bernard Chambaz, Petite philosophie du ballon,
Champs essais, 172 pages, 8 €
" Rien ne m'est plus étranger et insupportable que le chauvinisme.
D'autant que le chauvinisme est une invention française, le soldat Chauvin, un grognard de fiction, ayant donné son nom de théâtre à une des pires manifestations de bêtise et d'étroitesse qui soient. Peu auparavant, Kant avait pourtant porté haut les couleurs et l'exigence d'un cosmopolitisme contemporain, indiquant le rôle fondamental d'étranger dans la construction du droit. Mieux encore, il pose que la communauté pratique du sentiment en est le fondement moral. A cette aune, rien de plus digne que d'être un citoyen du monde. "
Ceci étant dit, et bien dit, Bernard Chambaz peut se livrer avec joie à tous les déboulés, à tous les dribles, à toutes les feintes, à tous les plongeons qu'il veut balle au pied ou sur la tête. Le libraire l'avait connu amoureux de la petite reine, il le retrouve dingo du cuir dans ce livre paru de la bien nommée collection Champs. Comme il n'a pas oublié, lui non plus, le bruit tout à fait particulier que fait le ballon lorsqu'il tourne contre le filet au moment du but, ni la boue autour des crampons qui transforme par temps d'hiver vos pieds en raquettes, comme l'avait observé Montherlant déjà, ni la ballon qui tombe dans la propriété voisine après avoir franchi les barrières de protection, ni les petits ponts et les grands ponts construits par les artistes éphémères du foot sur la pelouse... eh bien le libraire s'est régalé.
Nous avons pour nous, signale pour sa part, Jean-Claude Michelena, la triplette Giraudoux, Camus et Pasolini du côté des intellectuels (ce qui ne fait pas des masses, finalement). Et surtout des millions de pratiquants depuis si longtemps énamourés.
La philosophie de ce jeu peut se ramener à ceci : " Le ' beau jeu ', offensif et spectaculaire (...) est, en effet, celui dans lequel l'équipe fonctionne comme un collectif solidaire, dans lequel chacun prend plaisir à jouer en fonction des autres et pour les autres.  Concrètement, cela signifie que, dans un match, le joueur qui reçoit le ballon ne doit jamais, en théorie,  se retrouver livré à lui-même (contraint, dès lors, de de débarrasser de la balle ou de mettre son équipe en danger en prenant un risque inutile). Il doit toujours, au contraire, voir se dessiner autour de lui  un champ de passes virtuelles (...)."
C'est exactement ce qui se passe sur la pelouse de la librairie indépendante, école de philosophie et de solidarité pratiques. Bonne fin de semaine pascale. 
Jean-Claude Michéa, Le Plus beau but était
une passe, Climats, 170 pages, 15 €

jeudi 29 mars 2018

De l'Amérique

Zane Grey, Les Cavaliers des canyons, traduit de
l'anglais (Etats-Unis) par Anne-Sylvie Homassel,
Le Sonneur, 495 pages, 24,50 €
Deux romans, actuellement sur l'étal du libraire, s'offrent à nous faire découvrir l'Ouest américain et les Américains eux-mêmes.
Zane Grey (1872-1939) est un polygraphe, auteur de plus de romans que son éditeur n'en pouvait publier, auteur de livres pour enfants, d'ouvrages sur la pêche et sur le baseball qu'il pratiqua. Il travailla un temps avec Hollywood, la grande usine à rêves de la côte pacifique, après avoir abandonné sa profession de dentiste qui l'ennuyait aussi profondément qu'une dent creuse. Il se livra sans répit aux plaisirs de l'imagination quoi galope dans le grand décor, la grande scènerie américaine. Cliquetis et martellements de sabots, poursuites effrénées, rochers en équilibre instable, armes à feu luisantes, histoires de vachers et selles de cuir : Zane Grey passe pour l'inventeur du roman-western. Ses livres se vendirent à des centaines de milliers d'exemplaires. On s'amusera à comparer ces immensités, ces solitudes et ces galops dans lesquels Grey épanche ses angoisses, aux jardins clos de l'Europe, à ses praels (prés) grands comme des mouchoirs de poche, à ses lacs pareils à des confettis.

Tout autre est le projet de Gertrud Stein (1874-1946), contemporaine de Zane Grey, mais dont l'écriture " moderniste " s'écarte largement de la sienne, moins en quête d'imagination que d'incantation. Comme ici :
" Ces quatre femmes avec leurs maris et leurs enfants  nés et à naître seront le sujet de l'histoire qui décrit l'ascension d'une famille. D'autres, personnes, d'autres dynasties, entreront dans leur vie au cours des années, les uns, de pauvres gens qui n'arrivèrent jamais à gagner leur pain, qui rêvèrent pendant que leurs voisins luttaient,  et qui sombrèrent enfin, eux et leurs enfants ; d'autres qui peinèrent tant et si bien que leurs enfants, grâce à eux, connurent la grandeur. Tous ces gens-là et tous leurs enfants nous aideront à retracer l'histoire et l'ascension de notre famille. ".
Américains d'Amérique retrace l'histoire de l'installation outre-atlantique de la famille Dehning, de la famille Hersland, de Wilkliam Beckling, Pat Moore, Arthur Keller, Jacques Flint. Gertude Stein reconstitue " leur vie intérieure, et son mouvement, et sa durée, et ses relations avec l'extérieur, avec les autres êtres, avec chaque autre être " dans un XIXe siècle aussi tournoyant que le style de l'auteur.
" Lentement, chaque moment de la vie d'un être vient s'incorporer dans l'histoire générale de tous les êtres. "
Ce pourrait être la morale d'un roman entêtant.

Gertrude Stein, Américains d'Amérique,
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par la baronne
J. Seillère et Bernard Faÿ, Bartillat,
320 pages, 20 €