mercredi 15 novembre 2017

L'amour des livres est là

Il est enfin arrivé. Sur le comptoir, sur le canapé roue, dans la vitrine. Partout.
Le guide gratuit des livres de la fin d'année.
Pensez à le demander.
 

mardi 14 novembre 2017

Littérature pour les petits : Esilda conseille

Voutch, Bientôt l'hiver, Le Genévrier, 12 €
Un écureuil s'interroge, très préoccupé : combien de noisettes doit-il amasser s'il veut être prêt pour l'hiver ? Il s'adresse au hibou, sage doyen de la forêt, pour être sûr de ne manquer de rien.
La chute, surprenante, de cette histoire est très drôle et engage à la réflexion. Un album qui peut plaire aux enfants de  tout autant qu'à leurs parents.
Il s'intitule Bientôt l'hiver et son auteur n'est autre que Voutch.
Louise Greig, Ashling Lindsay, La Nuit et le petit garçon,
traduit de l'anglais par Larie Ollier, Gallimard jeunesse, 13,90 €
A l'heure d'aller dormir, Max découvre dans sa chambre une mystérieuse boîte. Il en tourne la clé et le jour se retrouve tout à coup enfermé dans la boîte : la nuit va alors s'installer...
Un album mignon, aux illustrations pleines de sensibilité, pour permettre aux enfants (de 3-4 ans également) de s'habituer à la nuit.
La Nuit et le petit garçon est son titre ; il est signé Louise Greig et Ashling Lindsay.

Céline Claire Qin Leng, L'Abri, Bayard jeunesse,
11,90 €
" ... Et c'est ainsi que deux étrangers ont ouvert leur foyer de fortune par une nuit de tempête où on ne voyait pas la lune. " Voici un beau livre qui parle de l'importance d'aider son prochain, d'éviter d'être rancunier et d'oser se rassembler pour affronter ce qui fait peur, ce qui nous dépasse.
Une plume très fine, dit encore Esilda depuis le rayon jeunesse de la librairie, avec beaucoup de sensibilité et qui rappelle combien il importe d'ouvrir son cœur à l'autre dans les moments difficiles.
L'album s'appelle tout simplement L'Abri et ses auteurs Céline Claire et Qin Leng.

lundi 13 novembre 2017

Poésie des sentiers

François Lasserre, Stéphane Hette,
Le Petit peuple des chemins,
Plume de carotte, 27 €
Si la licorne est un animal imaginaire des forêts, difficile à croiser, impossible (heureusement) à chasser, il existe une multitude de petits habitants poétiques le long des chemins.
Sachons considérer pour ce qu'elles sont ces modestes créatures : irremplaçables. " Que seraient nos sorties sans ces silhouettes discrètes et craintives, ces chants légers et puissants ou ces simples gazouillis ? Leur s présences vivantes et mystérieuses nous accompagnent sur les sentiers et tout au long de nos vies ", affirme à bon droit François Lasserre.
On peut leur donner des surnoms, et voici " L'invisible bouhou ", " Robin des bois ", " le Prince aux yeux d'or " (soit, par ordre d'apparition : le hibou grand duc, le rouge-gorge et le crapaud commun).
On peut les écouter chanter, crier ou marcher : le déplacement du hérisson le soir sur les feuilles tombées à terre est parfaitement repérable. Il est capable, nous apprend Le Petit peuple des chemins, de parcourir 2 à 5 km en quête de sa nourriture en insectes et mollusques.
On peut se satisfaire aux motifs de leurs parures : il existe un papillon très familier des lisières dont le dessous des ailes rappelle le dessin des cartes géographiques. En latin, il s'appelle Araschnia levana.
Les sentiers recèlent d'autres trésors aux vastes propriétés poétiques et un peu magiques : les plantes utiles à la nourriture et à la santé. Le Recueil végétal en recense un certain nombre, cueilli dans les herbiers du Moyen-Âge. Certaines recettes ont évolué, certaines sont même fortement déconseillées à la lumière des connaissances modernes. Mais toutes ont leur saveur, reflétée dans les légendes qui entourent absinthe, narcisse, marjolaine ou achillée millefeuille.

Josy Marty-Dufaut, Le Recueil végétal,
Ouest France, 142 pages, 23 €

mercredi 8 novembre 2017

Vivent les sciences naturelles et aussi la licorne !

Quel futur sans nature ?, Muséum d'histoire
naturelle, 80 pages, 7,50 €
Les sciences naturelles seraient-elles dépassées ? Verraient-elles le " grand dictionnaire de la nature " se refermer devant le naturaliste ? Le végétal, le minéral et l'animal, qui sont ses objets d'étude, se trouveraient-ils nommés (par les médias et les décideurs) dans un autre vocabulaire -- celui de l' "écologie ", par exemple, plus au goût du jour, moins suranné que les  " leçons de choses " ?
Ceci entraînerait-il une perte d'influence dommageable aussi bien à la nature elle-même qu'à l'humanité ?
C'est cette anxiété multiforme qui semble animer la déclaration lancée par une quinzaine de signataires sous la houlette du président du Muséum national d'histoire naturelle, Bruno David.
 " Le rôle clé de de l'histoire naturelle dans le contexte actuel impose donc d'enrayer la perte de vitesse attestée de son enseignement et de la pédagogie du terrain depuis quarante ans du niveau élémentaire jusqu'au cursus universitaire ", affirment les auteurs.
Leur manifeste est bilingue, français-anglais, et s'accompagne de quelques unes de ces merveilleuses planches de coquillages, de pierres, de plantes et d'animaux qui font l'une des richesses des collections conservées au Musée.
La collection " L'œil curieux ", animée par la Bibliothèque nationale de France, a pour sa part choisi de défendre dans un nouveau livret une autre sorte d'animal. Un animal fabuleux : la licorne. Longtemps tenue pour un " vrai " animal, hantant les forêts du Moyen-Âge et existant déjà pour les auteurs de la Bible, la licorne n'a plus aujourd'hui qu'une existence imaginaire. C'est-à-dire une existence en marge des sciences naturelles dont nous venons de parler. Mais très forte dans le bestiaire inconscient de chacun d'entre nous, ce qui ne compte assurément pas pour du beurre.
Les enlumineurs et les peintres ont fait tout leur possible pour assurer sa postérité et y ont réussi. C'est un vrai plaisir de contempler les images de la licorne et de ses congénères animaux d'un œil frais et ouvert au merveilleux -- ne jamais oublier le merveilleux, dit le libraire infime de province.

Licorne. Animal fabuleux, BNF éditions,
48 pages, 6,80 €



mardi 7 novembre 2017

Des notes et des couleurs

Michel Pastoureau, Une couleur ne vient
jamais seule, Seuil, 232 pages, 20 €
Si vous voulez en voir de toutes les couleurs, mais gentiment, posément, ralliez-vous au panache blanc
de Michel Pastoureau. Son journal  d'étudiant des couleurs vient de paraître pour les années 2012-2016, où il pose ainsi le sujet : " Avant d'être lumière ou matière, , avant d'être sensation ou perception, , une couleur est un abstraction, une idée un concept.  C'est sans doute pourquoi dans les pratiques sociales comme dans la création artistique et dans le monde des symboles et de l'imaginaire, elle n'existe vraiment et ne prend tout son sens que pour autant qu'elle est associée ou opposée à une ou plusieurs autres couleurs. Quel que soit le domaine où elle est à l'œuvre, une couleur ne vient jamais seule. "
Dans ce Journal chromatique, la couleur est vécue quotidiennement. Couleur des encres et du papier, couleurs des maillots du rugby, couleurs de Noël approchant, couleurs des livres de coloriage à la mode. Et un soir, ô stupeur, couleur des draps dans un hôtel chic en Suisse : ils sont noirs et les oreillers itou ! L'historien, qui ne se rêvait pas en cadavre,  dormit cette nuit-là dans un lit sans draps.
Des couleurs à la musique, il n'y a qu'un pas. On le sait depuis Rimbaud au moins : A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu... Vladimir Jankélévitch, lui, mariait musique et philosophie, au point qu'il déclara : " Le philosophe qui m'a le plus influencé : Gabriel Fauré ! ".
Vient d'atteindre l'étal bien rempli du libraire, un recueil d'écrits consacrés à la deuxième passion du penseur du Je-ne-sais-quoi et du presque rien. De Ravel à Rimski-Korsakov en passant par Chopin et Fauré, donc, ou Déodat de Séverac, cher au cœur du libraire, ces articles, préfaces, textes de conférence inédits attestent, s'il en était besoin, de l'intense musicalité du monde intérieur de Vladimir Jankélévitch.
Vladimir Jankélévitch, L'enchantement musical,
Albin-Michel, 303 pages, 21,90 €


lundi 6 novembre 2017

Christine Jordis à Vichy

Les éditions Albin Michel
et la librairie A la Page
ont le plaisir de vous inviter à rencontrer
Christine Jordis
pour la parution de son dernier essai
Automnes
SAMEDI 25 NOVEMBRE A 15 H


L'entrée est gratuite et ouverte à tous

dimanche 5 novembre 2017

Un ami de la pluie

Bernard Manciet, L'eau mate,
La Nouvelle Escampette/Librairie Les Saisons,
61 pages, 12 €
" La pluie venait enfin, mon meilleur abri. Toutes les plantes, tous les arbres ruisselaient de contentement. Les hommes ne sortiraient pas de leur guet, et je pouvais aussi m'ébrouer. Je buvais chaque large feuille.  Je me lavai entièrement dans une retombée de chêne. Je perdais mon odeur de sûri, je prenais celle de la branche, forte comme celle des menthes, et j'épousais son bruissement fruité. Entre les dents, je brisais la pluie comme une tige acidulée de trèfle. La vague s'apaisait, rentrait dans une connivence bien certaine. La pluie ne disait plus mot. Elle écoutait. Très loin, il nous semblait entendre une plainte. Mais ce n'était que la rumeur amie d'une nouvelle et lente rafale. Après, il se ferait un silence d'eau. "

                           Bernard Manciet, L'eau mate

Bernard Manciet, L'Enterrement à Sabres,
Poésie Gallimard, 528 pages  13,90 €