dimanche 18 décembre 2016

Matisse en son laboratoire

Henri Matisse. Le laboratoire intérieur, sous la direction
d'Isabelle Monod-Fontaine et de Sylvie Ramond,
Hazan/Musée des Beaux(Arts de Lyon, 384 pages, 44,95 €
Le libraire se rendra à Lyon, avant le 3 mars prochain, sans quoi il serait trop tard, pour visiter l'exposition Henri Matisse (1859-1864). C'est sûr.
Intitulée " Henri Matisse le laboratoire intérieur ", elle rassemble deux cents dessins, gravures, peintures et sculptures. " Blanc et noir ensemble produisent de la lumière. A la fin de la vie de Matisse, c'est une grande lumière chaude et sereine, ' toujours au moins aussi sereine qu'elle est écla-
tante ' a pu dire Pierre Reverdy, un bain de lumière qui évoque quelque
 ' royaume bienheureux ' ajoute Georges Duthuit. Matisse a mis toutes ses forces à l'atteindre, mais à partir de quelles ombres ? ", demandent les commissaires Isabelle Monod-Fontaine et Sylvie Ramond. Cette exposition, poursuivent-elles, " tente
de donner à voir et à comprendre non seulement l'écart entre les longues années d'apprentissage et l'aboutissement de la fin de sa vie, mais l'espace même du travail,
le questionnement perpétuel, les oscillations, les traces d'effort, et la musicalité du trait.
Le dessin comme laboratoire intime, comme exercice de liberté. "
C'est tout ce parcours créatif, du fauvisme du départ à l'avènement de la couleur pure et aux papiers découpés, que retracent les textes du catalogue qui accompagne l'exposition. Avec le dessin pour fil rouge.
Parallèlement reparaît, sous coffret et en fac-similé du n° 263 de l'édition originale de 1947, Les Fleurs du mal illustré par Matisse.
Aragon disait Matisse " hanté par Baudelaire ". D'où naquit ce recueil dans lequel abondent les visages féminins en miroir aux poèmes, dans une interprétation débarrassée de tout décadentisme, comme le souligne Stéphane Guégan dans ses commentaires de la présente édition. Belles ténébreuses, s'intitule tout de même ce précieux livret d'accompagnement critique.

Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche on croirait qu'elle danse

A la Page ouvre ses portes à 14 heures. Le libraire vous souhaite un bon dimanche !

Matisse Baudelaire, Les Fleurs du mal,
Hazan , 25 €

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