mardi 14 juin 2016

Un hiver québécois

Michel Garneau, L'Hiver, hier,
L'Oie de Cravan, 80 pages, 10 €
Michel Garneau est Québécois. Poète, dramaturge, musicien québécois.
Dans son récit L'Hiver, hier il conte son arrivée, alors qu'il est jeune de dix-huit années, dans la famille de sa fiancée jeune de seize années pour y passer les fêtes.
Rien que de banal, en somme. Sauf ce qui fait  un livre, un vrai : l'intensité de son langage et de son regard sur les êtres. Ce n'est d'ailleurs pas tant dans ses localismes patoisants (ils émaillent les pages de Michel Garneau) qu'il faudra en chercher la saveur propre à faire se rouler par terre un Bernard Pivot.
Non, c'est l'agencement des mots entre eux et ce mystère de poésie amoureuse de la vie qu'il ne faut surtout pas chercher à dépecer.
" Je ne voyais pas beaucoup mon amoureuse qui passait son temps avec ses cousines et qui en avait l'air très petite fille tout enveloppée de leurs fous rires et arborant fièrement leurs moues bien boudeuses et leurs petits airs mesquins, lors, je me tenais pas avec elles parce que d'abord elles devenaient bien silencieuses en ma présence et aussi parce que de l'une d'elles j'avais terriblement envie, une campagnarde charnue qui faisait l'effet bébé, on avait envie de la manger ; pas juste moi, tous les mononcles et quelques matantes. "
" Tout ce temps-là, chaque jour, je m'émerveille, ces gens-là, oui, m'émerveillent et parfois m'horrifient, mais m'horrifient merveilleusement... "


Michel Garneau

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