mardi 25 octobre 2016

Le libraire revient... le 2 novembre.
La librairie est plus là que jamais.
 
 

lundi 24 octobre 2016

Du style épistolaire

Le style épistolaire serait-il en train de revivre ?
Un rapide tour d'horizon le laisserait plutôt penser.
 
Jean-Michel Delacomptée,
Lettre de consolation à un ami
écrivain, Laffont, 152 pages, 16 €
 
 















Maya Angelou, Lettre à ma fille,
Notabilia, 144 pages, 15 €


Thierry Paquot, Lettres à Thomas More
sur son utopie,
La Découverte, 190 pages, 12,50 € 


















François Rollin. Arnaud Tsamere,
Arnaud Joyet, Epîtres, La Martinière,
139 pages, 15 €

Fouad Elkoury, Lamia Ziadé,
Lettres à mon fils, Actes Sud,
141 pages, 18,50 €
 
 
 

dimanche 23 octobre 2016

Les squares parisiens et le fantôme de Prévert

Nathalie Rheims, Nicolas Reitzaum,
La Mémoire des squares, Michel Lafon, 224 pages, 34,95 €
Les amoureux et les promeneurs de Paris sont gâtés: il faudrait créer une chronique régulière pour rendre compte des livres que proposent les éditeurs sur son histoire, sur la vie des rues, leur visage à tel ou tel moment du jour et de la nuit, les hommes qui l'ordonnancèrent.
Jean-Charles Alphand (1817-1891) est de ceux-ci. Cet ingénieur des Ponts et Chaussées fut nommé au service des parcs et promenades par le baron Haussmann,
à qui il succéda en 1870. On lui doit l'aménagement des Buttes Chaumont,
 des bois de Boulogne et de Vincennes, ainsi que du parc Montsouris ; mais aussi des squares que l'on peut découvrir en flânant au hasard.
Nathalie Rheims vient de donner corps à l'une des rêveries dans ces enclos qui symbolisent, au même titre que les fontaines Wallace ou les stations de  métro d'Hector Guimard, un pan de l'esthétique parisienne.
Fortement illustrée, cette promenade met spécialement en valeur les nombreuses sculptures ou groupes sculptés qui ornent les squares, le plus souvent saisies en gros plan. Ils offrent à Nathalie Rheims l'occasion de nombreuses associations d'idées entre les personnages représentés, les œuvres littéraires ou artistiques qu'ils ont portées, les fantômes qu'ils ont laissé derrière eux.
La Mémoire des squares est publié dans la même collection que Le Père Lachaise, jardin des ombres. Les photographies sont du même Nicolas Reitzaum.
Le libraire laissera de côté la petite collection " Pittoresques " lancée par les éditions Scala qui propose de courts textes de Victor Hugo (arraché à Notre Dame de Paris), Nadar ou Edgar Quinet, pour signaler un Paris Prévert qui témoigne très bien de l'atmosphère de Paris entre les deux-guerres, sous l'Occupation et jusqu'à la mort de Prévert en 1977.
On possède évidemment de nombreux documents sur une période aussi récente et où la photographie était abondamment répandue. On connaît d'ailleurs certains de ces clichés de Prévert et de ses amis. Mais il existe aussi des affiches, des collages (comme celui qui ramène la basilique du Sacré cœur  au bord de la Seine ou celui qui, à l'inverse, remonte Notre Dame sur la place Blanche), des dessins et divers documents manuscrits pour témoigner d'un parcours.
Le texte de Danièle Casiglia-Laster serre de près la vie artistique de Prévert, qui se manifesta au cinéma, au théâtre et dans l'édition de poèmes, parfois devenus chansons. Prévert incarne un certain type parisien, à la fois truculent, révolté, facétieux qui a croisé le chemin de nombreux artistes, dont il est difficile de dresser l'inventaire. Et d'innombrables passants anonymes rencontrés dans les rues populaires, les cafés, le métro, sous la pluie ou par beau temps.

Danièle Casiglia-Laster , Paris Prévert,
Gallimard, 288 pages, 39 €

vendredi 21 octobre 2016

Connaissez-vous Oscar Dominguez ?

Dans son billet du 17 octobre (" La magie ineffacée du livre ") ,
le libraire avait cité l'autre jour en passant le nom d'Oscar Dominguez (1906-1957).  Il ne résiste pas au plaisir de reproduire aujourd'hui quelques décalcomanies réalisées par ce peintre, proche ami des surréalistes.
Dominguez s'associa à des nombreuses activités du groupe et nomma
" décalcomanies du désir ou décalcomanies sans objet préconçu " ces dessins  obtenus en collant une feuille de papier sur une vitre ou une autre feuille, préalablement recouverte d'encre (généralement noire ; mais les couleurs, et la peinture à l'huile, furent aussi introduites dans ce procédé).
Des " corrections " ou des ajouts étaient parfois pratiqués, donnant un nouveau sens aux taches dues aux adhésions et aux coulures aléatoires.
Dans la production si abondante de livres d'art, il manque une monographie récente d'Oscar Dominguez, dont l'apport ne se limite pas aux décalcomanies. Le libraire, qui ne manque pourtant pas de livres sur ses rayons et son étal, soyez en sûrs, s'en ferait l'écho.

 






jeudi 20 octobre 2016

Des nouvelles de Christophe Reydi-Gramond

L'auteur d'Un mensonge explosif (Liana Levi)
que nous avons eu le plaisir de recevoir lors de la parution de son premier roman
sera à l'Abbaye-Saint-Gilbert de Saint-Didier-La-Forêt
DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2016 à 14 heures
pour présenter et dédicacer Hostis corpus (Piranha)
son deuxième roman policier.
Christophe Reydi-Gramond, Hostis corpus,
Piranha, 266 pages, 18,90 €
" Ce thriller captivant, écrit l'éditeur, est au fond une interrogation
 sur la nécessité de croire : que ce soit au communisme, en Dieu ou dans la Science,
la rationalité est-elle autre chose finalement qu'une autre croyance ?
Que sait-on, que croit-on et que croit-on savoir, jusqu'’à la prochaine expérience ? "
 
Voici une vidéo (tournée chez Mollat, à Bordeaux)
dans laquelle Christophe Reydi-Gramond
présente son livre
 

 

mercredi 19 octobre 2016

Jusqu'où peut aller Francis Hallé ?

Francis Hallé, en collaboration avec
Eliane Patriarca, Atlas de botanique poétique,
Arthaud,  124 pages, 25 €
A chaque parution, ou presque, le libraire le chronique. Pourquoi faillirait-il à la règle avec cet Atlas de botanique poétique tout frais ?
" La but de cet ouvrage est de montrer que la forêt équatoriale n'est pas " l'enfer vert " qu'y ont vu trop souvent les colonisateurs et les aventuriers ; c'est, bien au contraire, un univers quelque peu magique où l'on vit fort agréablement pour peu que l'on observe avec sympathie les petites merveilles qui s'offrent au visiteur occasionnel presque à chaque pas ; il y trouvera amplement de quoi satisfaire ses exigences en matière d'esthétique, de dépaysement et de poésie.
Pour celles et ceux que la biologie passionne, la vie ne sera plus seulement agréable, elle se changera en vrai feu d'artifice d'excitants questionnements. "
" Un univers magique " ; de " petites merveilles à chaque pas " ; l'esthétique, le dépaysement, la poésie et les feux d'artifice : le libraire kiffe !
Francis Hallé vient aussi de préfacer (avec Thierry Thévenin) un joli livre de portraits d'arbres et d'animaux : Les Arbres dont je suis fait et autres retours sauvages. L'arbousier, le cyprès, l'aubépine ou le grenadier y voisinent avec la tourterelle des bois, le mouflon corse, le chat sylvestre ou le congre. Belle arche de Noé sauvée des eaux par un homme qui a été apiculteur, sculpteur, céramiste, éleveur et jardinier nommé Maurice Chaudière. Un homme qui n'a pas sa langue dans sa poche et à tout du conteur.


Maurice Chaudière, Les Arbres
dont je suis fait et autres retours
sauvages, Actes Sud, 264 pages;
20 €

mardi 18 octobre 2016

Une enfance à Majorque

José Calos Llop, Solstice, traduit de l'espagnol
par Edmond Raillard, Jacqueline Chambon,
128 pages, 15 €
Les récits d'enfance (ou les romans évoquant cette période de la vie) seraient-ils en train de rentrer en grâce auprès des éditeurs ? Plusieurs signes le laissent penser, comme l'excellent Solstice du Majorquin José Carlos Llop, dont Jacqueline Chambon avait déjà publié Le Rapport Stein dans lequel le passé et l'autobiographie prenaient tout leur poids.
Dans Solstice, qui relate les étés passés par un enfant avec sa famille sur une île des Baléares dans les années 1960, les réminiscences sont chargées de tant de précision et de vie qu'il est difficile de penser que le " je " du narrateur ne soit pas inspiré par celui de l'auteur. Que Llop soit, par ailleurs, poète ne nous surprendra pas tant son langage a de directe justesse -- ce qui ne l'écarte nullement de l'expression ordinaire des gens ordinaires. Plutôt que d'une recherche d'originalité à tout prix, la force de ses mots  procède d'une intensité du vécu, dont l'enfance est une période généralement exemplaire, et remémorée à un stade de l'existence qui permet d'en maîtriser le récit.
Le libraire a trouvé que le septième chapitre du livre, intitulé Elle, était l'un des plus touchants du livre. " Un été, elle glisse et tombe douloureusement sur le derrière. Nous rentrons à la maison en la portant, comme une reine antique, dit-elle, se moquant d'elle-même et dissimulant sa douleur pour ne pas nous alarmer. Je ne me rappelle pas comment nous nous débrouillons pendant plusieurs jours sans elle, comment nous mangeons, mais je sais qu'elle se remet et qu'elle recommence à se baigner tous les matins. et à se promener tous les soirs. Sa vitalité est infinie, comme son sens de l'humour : elles n'a jamais l'air fatiguée, elle ne l'est jamais, ou bien elle le cache. On ne l'entend jamais se plaindre; pas même de la chaleur qui est d'une rigueur africaine. Elle est gaie comme ses robes imprimées de fleurs ou de dessins géométriques, comme les foulards qu'elle se met sur la tête les jours où il y a du vent, comme son rire qui est vraiment en cristal (...) "
Elle, naturellement, est la mère du narrateur.
Solstice fut rédigé en castillan, et non en catalan (petite trahison de l'enfance ?), langue que l'on parle à Majorque. Le roman (puisque ce terme figure en sous-titre de l'œuvre) peut également se lire comme une ode en prose à la Méditerranée, des côtes catalanes à Hydra et aux rives dalmates.

José Carlos Llop, Le Rapport Stein,
traduit de l'espagnol par
Edmond Raillard, Babel, 112 pages, 6,80 €