samedi 22 septembre 2018

Nouvelles de Californie

Dans ce recueil d'articles  qui " rassemble quarante ans de pensée et d'écrits ", le lecteur français d'aujourd'hui, découvrira ce que pouvait produire de plus spécifique et profondément vécu au long de sa vie, un poète-essayiste-garde forestier-beatnick-bouddhiste-chaman et écologiste vivant au XXe siècle outre-Atlantique.
Bien que le bandeau de son éditeur fasse de lui une " légende vivante ", le nom de Gary Snyder est resté moins souvent prononcé que ceux d'Allen Ginberg et de Jack Kerouac dans l'univers médiatique, dont il a su rester à l'écart. Ses écrits ont pour eux la cohérence, le discrétion et la précision. 
On peut s'y reporter pour comprendre et mettre en perspective une partie de l'influence qu'exerce la culture américaine et, spécialement californienne, depuis plusieurs générations, sur celle de l'Europe de l'Ouest.



 > Gary Snyder, Le Sens des lieux, traduit de l'anglais (américain) par Christophe Roncato Tounsi, Editions Wildproject (en néo-français dans le texte), 276 pages, 22 €

mardi 18 septembre 2018

" Lions nos pages " en septembre 2018

Un communiqué du cercle de lecture
en cette rentrée 2018 :

Chères amies lectrices, chers amis lecteurs,

Le dernier samedi du mois, la librairie A la Page 
nous accueille pour la réunion du cercle de lecture  
" Lions nos pages "
 
Chacun vient avec un ou deux livres récemment 
découverts (ou relus) qu'il a aimés et nous fait 
partager son enthousiasme. 
 
On peut également venir simplement pour écouter...Nous vous attendons :

          Samedi 29 septembre 2018
          à 14 heures
          à la librairie A la Page
          5, rue Sornin
          03200 Vichy

Avec toute notre fraternité littéraire


Toutes les formes de lectures sont permises et, même,
encouragées.
N'est-ce pas Frédéric Forte ?

vendredi 14 septembre 2018

Ayez l'oeil

A trop servir, les images s'usent. La vue publique est saturée. D'où le besoin de nouveauté. 
Ou le besoin de prendre du champ -- au besoin dans les champs.
Il n'est pas exagéré de dire que Mucha (Alphonse de son prénom) était beaucoup vu. En affiches, en cartes postales, en calendriers... L'oeil demandait du repos. Il fut exaucé ces dernières années, de sorte que l'on peut de nouveau ouvrir ses yeux sur l'artiste tchèque (1860-1939) et sur le catalogue de l'exposition qui lui est consacrée à Paris, au musée du Luxembourg.


> Catalogue de l'exposition Mucha, Réunion des Musées Nationaux, 248 pages, 35 €

Jakuchu (1716-1800) est un artiste japonais sur lequel peu de monde en France avait jusqu'ici ouvert les yeux. On le découvre ces temps-ci. Pas de risque de saturation visuelle avec ses compositions qui nous font voir la nature comme rarement on la voit. " Le Royaume des êtres colorés " est le titre donné aux trente rouleaux de soie somptueusement offert à notre regard.
C'est un ensemble qui comble notre besoin de vision.


> Le Royaume coloré des êtres vivants, sous la direction de Manuela Moscatiello
et Aya Ôta, Paris Musées, 152 pages, 29,90 €

lundi 3 septembre 2018

Sentiments fraternels

" Comment naît une amitié ? Nul n'en sait rien. Mais il y a entre nous, dès le départ, quelque chose d'animé et de vif. Ce n'est pas de l'ordre du principe rationnel, d'une intellection ou d'un calcul. Cela ne repose sur aucun raisonnement, mais sur une expérience intuitive -- physique et intellectuelle à la fois -- de cette présence si particulière. (...) Regardez vos amis. Interrogez leurs gestes,leurs mouvements, leurs atomes. Lisez sur leur lèvres, feuilletez leur peau, déchiffrez leur teint. Pénétrez leur visage et imaginez leurs poumons. Intéressez-vous à leur système nerveux. Ecoutez leur pouls. Sachez faire parler leurs muscles, leurs tendons. Epelez patiemment toutes les nuances de leur santé, de leur humeur, leur complexion. Alors, peut-être, vous approcherez tout en douceur du grand mystère. "
 Dans François, portrait d'un absent, Michaël Ferrier renoue avec un thème injustement passé au second plan dans les romans et les récits ces derniers temps. Il entreprend de réparer cet oubli dans un livre-hommage à l'un de ses amis disparu. Un bel éloge fraternel au cinéaste et homme de radio François Christophe, victime, avec sa fille, d'un accident de nyade. Ensemble, ils avaient formé un "tandem", comme l'écrit bien Michaël Ferrier qui ne manque pas de rappeler la si belle phrase d'Isidore Ducasse, comte de Lautréamont : " Tant que mes amis ne mourront pas, je ne parlerai pas de la mort."

> Michaël Ferrier, François, portrait d'un absent, L'Infini/ Gallimard, 236 pages, 20 €

lundi 27 août 2018

Différons la rentrée


          
Certes, certes ! Mais, allez, encore un petit pas de côté ! Le libraire a gardé sur sa table des lectures de vacances, c'est-à-dire buissonnières.
Comme celle-ci :
" Ils continuèrent donc leurs descente, et avant longtemps ils furent accueillis en la vallée par le vif torrent qui surgissait de la falaise. Ils guéèrent, et parvinrent à l'agréable pelouse à l'ombre des grands arbres. Entre les premiers troncs s'élevait une petite maison de torchis, au toit de chaume de roseau. Ce fut là, sur un geste du chevalier, qu'ils mirent pied à terre. "

Ainsi va l'histoire que conte William Morris (1834-1896), poète, conférencier, grand admirateur de l'âge médiéval (précédemment salué par le libraire) dans Le Lac aux îles enchantées. Nulle niaiserie dans ces personnages, Petite-Grive, la dame, le chevalier, les sorcières. Mais du Merveilleux du meilleur aloi. De la courtoisie, au sens vrai du terme. Des sentiments surannés.Une langue d'un autre Temps. Un bel oubli du nôtre.

William Morris; Le Lac aux îles enchantées, traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Francis Guévremont, Aux Forges de Vulcain, 400 pages, 20 €
 




lundi 6 août 2018

Les jeunes campagnes de Patrick Cloux

Patrick Cloux, Mes oncles du dimanche,
Le Temps qu'il fait, 256 pages, 21 €

A lire le résumé qui annonce sa parution, le libraire ne se tient plus de découvrir le prochain livre de Patrick Cloux :

" Fidèle à une méthode éprouvée dans ses livres précédents, l'auteur examine différentes manifestations de l'art à la lumière de souvenirs de sa jeunesse, évoquant une enfance démunie dont l'art et la littérature sont venus combler les manques affectifs. En "nostalgique de l'avenir", c'est à la "création libre des couches populaires" qu'il s'intéresse principalement, à quelques naïfs, à divers singuliers, bruts répertoriés comme bricoleurs oubliés qu'il entasse dans sa brocante imaginaire, son insolence stimulée par l'insolite et son goût du coq à l'âne bousculant les "conventions esthétiques". Sa rêverie buissonnière nous invite ainsi à un inspirant dimanche à la campagne. "

Qu'ils arrivent vite sur l'étal du libraire ces Oncles du dimanche !

samedi 28 juillet 2018

Les nourritures terrestres de Christine Flament

Christine Flament, Ces paysans qui nous nourrissent,
Des ronds dans l'O, 18 €
L'auteur et illustratrice d'albums jeunesse et de carnets de voyage, Christine Flament, publie Ces paysans qui nous nourrissent, dans la bien nommée collection Respire, des éditions Des ronds dans l'O.
Ce livre aquarellé est le fruit des nombreuses rencontres qu'elle a faites en sillonnant le massif que l'on dit central, depuis Châteldon, à un jet de pierre de Vichy, où elle a son atelier, jusqu'au mont Aigoual et au Larzac. Et même en Côte d'or et dans le Nord.
Entrepreneurs forestiers, éleveurs de vaches allaitantes, maraîchers bio, ou le tout à la fois, Sylvie, Marie-Pierre, Olivier et les autres se battent comme de beaux diables pour mener une vie décente et offrir des produits de bonne qualité. Tandis que Messieurs OGM et Round Up rôdent dans tous les coins. Plus insidieux que la martre et le renard qui mettent la pagaïe dans les granges et les poulaillers.
Il y a quelque temps déjà, Christine Flament avait mené l'enquête, tout aussi aquarellée auprès de Berthe Morisot. A Paris, cette fois, et pour les enfants de 8-12 ans.
Christine Flament, Des violettes pour Berthe Morisot,
Ecole des lmoisirs, 48 pages, 12,70 €

vendredi 20 juillet 2018

SAMEDI BD : le dernier de la saison

Pour le dernier SAMEDI BD de la saison, Esilda a notamment choisi :
 
Joann Sfar, Aspirine, Rue de Sèvres,
140 pages, 16 €

Cyril Bonin, Presque maintenant, Futuropolis,
72 pages, 17 €


Zidrou et Aimée de Jongh,
L'obsolescence programmée de nos sentiments,
Dargaud, 144 pages, 19,99 €
 
Sylvie Gaillard, Frank Woodbridge, Kolonel Chabert,
Inversion, Grand Angle, 80 pages, 16,90 €


Cédric Villani; Baudoin, Ballade pour un bébé robot,
Gallimard, 232 pages, 24 €
 

samedi 7 juillet 2018

Prix Goupil : ils ont voté !

Claire Renaud, Les Quatre gars,
Sarbacane, 229 pages, 15,50 €
Décidément, cette année, la vie sur les îles rencontre le succès auprès des lecteurs de Vichy.
Après Tristan (Sabine Wespieser éditeur), prix du jury du rayon adultes, voici que Les Quatre gars (éditions Sarbacane) l'emporte au rayon des jeunes lecteurs.
Claire Renaud, et son roman qui se déroule sur l'île de Noirmoutier, rejoint donc Clarence Boulay, et ses îliens loin de tout au monde sur l'île de Tristan da Cunha.
Belle coïncidence, beau parallèle.
Nous en reparlerons.


Clarence Boulay, Tristan, Sabine Wespieser éditeur,
188 pages, 18 €

vendredi 6 juillet 2018

La fête à Pessoa

Fernando Pessoa, Je(ux). Petite anthologie, illustrations
de Ghislaine Herbéra, traduction de Patrick Quillier,
Chandeigne, 88 pages, 14 €
" Bas les masques… Qui est-il,  Fernando Pessoa ? On dit de lui qu'il est le plus grand auteur portugais, l'un des poètes les plus universels que l'Europe a connu au XXe siècle. Mais que sait-on de cet écrivain aux multiples talents ", interroge Joanna Cameira Gomes dans la postface de cette délicieuse mini-anthologie poétique.
L'idée qui a présidé à la confection de cet
" album ", où les illustrations de Ghislaine Herbéra se mêlent aux mots facétieux et nostalgiques du poète, est celle de l'enfance. C'est à l'enfance qu'il est demandé de nous révéler le " vrai " Pessoa. Derrière les différentes identités littéraires qu'il s'était donné. Derrière ses masques, son théâtre et ses feintes. Derrière son mentir vrai.
Et c'est dans ce pays de l'âge tendre qu'il se retrouve lui-même, plus vrai que jamais. Ecoutons-le un instant. De toute notre imagination :

" Jouant avec un jockey jaune, un chien vert
Et un cheval bleu qui apparaît par-dessus le mur
De mon jardin… Et la musique lance des balles
A mon enfance… Et le mur du jardin
     est fait de mouvements
De baguette, et de confuses rotations
     de chiens verts,
De chevaux bleus et de jockeys jaunes… "

N'est-il pas vivant ?
Un autre moyen de rejoindre Pessoa nous est donné avec Fragments d'un voyage immobile. Il s'agit, cette fois, d'un recueil de citations puisées dans la malle laissée par " l'homme aux masques ". L'esprit d'enfance n'y est certainement pas absent ; ni celle d'imagination et de rêve, qui ne sauraient toutefois épuiser le tout de l'homme et de son œuvre. Un long essai d'Octavio Paz (1914-1998), le poète et théoricien mexicain, précède le choix des textes, republié chez Rivages.

Fernando Pessoa, Fragments d'un voyage
immobile, choix et traduction de Rémy Hourcade,
Rivages poche, 125 pages, 6,60 €





jeudi 5 juillet 2018

Georges-Emmanuel Clancier

L'auteur du Pain noir (un succès tel qu'il fit de l'ombre au reste abondamment poétique de son œuvre) vint régulièrement à Vichy au titre de membre du prix Valery Larbaud.
 
Georges-Emmanuel Clancier vient de décéder.
Il était âgé de cent et quatre ans.
 
 
 

dimanche 1 juillet 2018

Montaigne présent

Bernard Bourrit, Montaigne, pensées frivoles et
vaines écorces, Le Temps qu'il fait, 230 pages, 23 €
" Le propre de la rêverie est de n'avoir ni corps ni suject. Elle s'enclenche sans cause, du moins sans cause externe. Spontanément cet élan agite, chatouill[e], réjouit l'âme, ou au contraire l'embrouille. Ce flux interne de pensées, sustenté d'inanité, alimenté d'ombres, crée pourtant bien des remous sur les visages : ce sont les grimaces estonnees, riardes, confuses, les éclats de voix ou les soubresauts des membres qu'émet l'homme seul quand il songe. Hanté par des visions fauces, cet homme-là negocie, dirait-on, avec son demon."

Dirons-nous gloses ? Explications ? Paraphrases ? Bernard Bourrit s'est incorporé l'esprit de Montaigne au point que tout ce qu'il en extrait est d'un parfait naturel. Les italiques abondants dans son texte pourvoient au rythme de la pensée. Ils soulignent, en outre, la saveur que présente pour nous une orthographe en allée, légèrement étrangère : à l'esquart.
Re-pensant ainsi Montaigne à sa guise (il ne cherche pas à dire tout Montaigne ; mais tout ce qu'il en dit est authentique), il lui est fidèle à s'y méprendre.

lundi 25 juin 2018

De la délicatesse

Henri Cole, Paris-Orphée, traduit de l'anglais
(Etats-Unis) par Claire Malroux,
La Bruit du temps, 176 pages,  19 €
La délicatesse est une qualité en pleine
régression dans notre monde, songeait tris-
tement le libraire. Lorsqu'il tomba sur ces lignes, consignées par le poète américain 
Henri Cole :

" Comme moi, la panthère est une voyageuse solitaire et sa déplace à pas lents, ainsi qu'il m'arrive de le faire, avec une mélancolique intensité. Puis, soudain, elle ouvre ses yeux magnifiques et le monde la transperce :

Parfois, se lève le rideau des pupilles
sans bruit. Une image y pénètre,
parcourt le silence tendu des membres
et arrivant au cœur, s'évanouit.*

Dans son essai sur Auguste Rodin, poursuit Henri Cole, Rilke décrit les visites que le sculpteur effectuait très tôt le matin au jardin des Plantes pour dessiner les animaux endormis.
Plus tard, dans son atelier, rue de l'Université,
il observe le petit moulage antique d'un chat sauvage que celui-ci chérissait : " Il y a un moulage de panthère, de facture grecque, de la taille d'une main à peine… Si on regarde de face l'espace formé sous son corps par ses quatre fortes pattes, on a l'impression de contempler les profondeurs d'un temple de pierre indien, tant cette œuvre prend des proportions immenses et globales. "

Une mélancolique intensité, des yeux magnifiques, cette représentation d'un chat sauvage que l'on chérit, ce temple indien... Il y a donc place pour la délicatesse, et pour la grâce, se dit, un instant rassuré, le libraire.


* Poème de Rainer Maria Rilke, dans une traduction de Lorand Gaspar.



dimanche 24 juin 2018

Le prix des Lecteurs A la Page 2018 est désigné !


Le jury du Prix des Lecteurs A la Page a donné son avis, vendredi soir : Tristan, de Clarence Boulay, édité par Sabine Wespieser est son choix.
Ce premier roman succède à celui de Bérengère CournutNée contente à Oraibi et, comme celui-ci, nous entraîne loin des bases géographiques qui sont les nôtres. En plein Atlantique sud, dans un grand vide océanique où se situe l'archipel dont Tristan da Cunha (200 habitants et quelques) est l'île principale.
 L'expérience de la narratrice est authentifiée par le séjour de Clarence Boulay elle-même qui a passé huit mois à Tristan réputée l'île la plus éloignée qui soit des hommes.

Voici ce que Clarence Boulay a déclaré  sur France Culture à propos de son roman : 
J’ai voulu faire l’usage de cette distance, éprouver comment ça se passe sensiblement,       corporellement, intellectuellement d’aller vers ce point-là.  Et qu’est-ce qu'il se passe, quand notre centre, le continent, devient alors périphérie. J’ai voulu comprendre en inversant les choses. Ida se pose aussi parfois en ethnologue dans sa volonté de comprendre. Est-ce qu’on peut dissocier le scientifique de l’intime ? L’observation participante de la relation amoureuse ? Car c’est à travers ces moments d’intimité qu’Ida va vraiment comprendre les enjeux de la communauté, enjeux moraux, familiaux, d’organisation, à travers le discours de Saul.
 

mercredi 20 juin 2018

Dernières nouvelles du franglais

Michel Serres er Michel Polacco, Défense et
illustration de la langue française aujourd'hui,
Le Pommier/ France Info, 128 pages, 9 €
"  Voici une règle simple : dès lors que nous importons un objet nouveau  ou une conduite nouvelle, c'est positivement enrichir la langue qu'adopter le mot qu'on importe à ce moment-là. Le français s'est enrichi de mots arabes : " algèbre" , "algorithme", " tarif" ; de mots italiens, à la Renaissance : "fourchette", "sonate" ; même de mots aztèques : " haricot". Alors la langue s'enrichit. Mais c'est l'appauvrir que de substituer à un mot français déjà existant un mot anglais. Par exemple City Radio me scandalise : Radio Cité eut bien fait l'affaire. Pourquoi les sportifs disent-ils "Top 16", et non pas "première division" ? Pourquoi veulent-ils avoir des coaches plutôt que des entraîneurs ? (...° Pour mieux l'asservir, un occupant éradique toujours la langue du vaincu. Ainsi firent les Romains en Gaule, ainsi firent les Russes en Pologne... Il y a aujourd'hui, sur les murs de Paris, plus de mots anglais qu'il n'y avait de mots allemands pendant l'Occupation. Où sont donc les troupes d'occupation  ? Qui sont donc les collabos ?  "

Michel Serres et Michel Polacco
 
 
Le chef-d'œuvre indépassé de George Orwell, 1984, vient de reparaître dans une nouvelle traduction. Orwell en connaissait un rayon en matière d'appauvrissement des langues (puisqu'aussi bien le français n'est pas la seule langue concernée). On méditera l'appendice du roman, où Orwell expose les bases de la novlangue (devenue néoparler dans la nouvelle version).
George Orwell, 1984, traduit de l'anglais par
Josée Kamoun, 371 pages, 21 €
 

 

samedi 16 juin 2018

Loup y es-tu ? (suite)

Elli H. Radinger, La Sagesse des loups,
traduit de l'allemand par Dider Debord,
Guy Trédaniel, 277 pages, 18 €
Il s'était taillé une très, très mauvaise réputation en croquant chaperons rouges,  quelques mères grands et de nombreuses brebis. Ce qui, à vrai dire, lui colle encore aux baskets.
Mais voici que le loup, depuis quelque temps, de même que l'ours, occupe l'imagination naturelle des civilisés de façon plus positive. Le libraire a déjà signalé cette évolution ici : http://alapagevichy.blogspot.com/2017/09/du-rififi-chez-les-loups.html
Mais les choses n'en restent pas là. Témoins deux livres consacrés à cette belle bête. Elli H. Radinger, avec La Sagesse des loups (après celle des arbres, des marcassins et des champignons…) n'y va pas de main morte. " Les loups m'accordent le privilège de partager leur vie ", dit-elle. Et ce n'est pas nécessairement ce genre de proclamation légèrement commerciale et sentimentalement anthropocentrique dont le public en quête de connaissances a besoin.
Jean Marc Landry publie, pour sa part, un ouvrage de nature encyclopédique, plus conforme à cette attente. On y trouve de l'information sur les origines de l'espèce, son adaptation au milieu, sa répartition dans le monde, son mode de vie en groupe, ses pratiques de chasse. Et sur ses rapports, disons : malaisés avec le genre humain. Les illustrations abondantes complètent agréablement un portrait qui se veut équilibré en "ni ange ni démon".
Jean-Marc-Landry, Le Loup, Delachaux Niestlé,
368 pages, 29 €

jeudi 14 juin 2018

La liseuse aux oubliettes

On pouvait lire dans Livres Hebdo, du 31 mai dernier la fracassante déclaration suivante :
Considérant que " le livre est de retour après le choc que lui a fait subir le livre numérique", " il n’y aura jamais trop de librairies aux États-Unis ", a proclamé, mercredi 30 mai à New York devant quelque 200 libraires réunis pour l’inauguration de la foire professionnelle BookExpo, le fondateur de Barnes & Noble, Len Riggio, 77 ans. "
Information confirmée le lendemain en ces termes :

" Les patrons des trois principaux groupes d’édition américains (…) ont saisi l’occasion pour clairement tourner la page du livre numérique (e-book), dont ils croyaient dix ans plus tôt qu’il allait bouleverser tous les équilibres de l’industrie du livre. "

Le libraire est ravi d'apprendre qu'on compte maintenant sur lui pour rattraper l'une des plus monumentales et plus coûteuses erreurs (pour rester poli) de l'histoire culturelle récente.
N'ayant jamais perdu le sens de l'humour, sinon, il aurait changé de métier, il kiffe la situation.




 

mercredi 13 juin 2018

Vichy en caricatures

Cures d'eaux et réjouissances publiques. Caricatures et
dessins humoristiques à Vichy et ses environs, 1850-
2000, S.H.AV.E., 15 €
Fabienne Gelin et Michel Promerat seront présents à la librairie Samedi 23 juin prochain, à 15h30, pour présenter et dédicacer Cures d'eaux et réjouissances publiques, un album édité par la Société d'Histoire et d'Archéologie de Vichy et des environs.

Abondamment illustré, comme on s'en doute pour pareil sujet, cet ouvrage roboratif est consacré à une vision satyrique de la ville thermale, de ses curistes, de ses hommes politiques entre 1850 et l'année 2000.
Affiches, cartes postales et autres documents reproduits proviennent des fonds patrimoniaux de  la Ville de Vichy.
Un livre, propre, en somme, à figurer dans toutes les bibliothèques vichyssoises, et au-delà, qui se respectent.
 

samedi 26 mai 2018

Petite pause dans la Grande bleue

Le librairie n'alimentera pas le blog avant le 13 juin prochain,
le temps de recharger ses batteries
quelque part en Méditerranée.
 

A la Page, elle, reste ouverte et disponible aux appels et aux visites
aux heures habituelles.

vendredi 25 mai 2018

Premier tour de vote pour le prix des Lecteurs A la Page 2018

A l'issue de son premier tour de vote,
et des arguments échangés avec passion,
le jury du prix des Lecteurs A la Page
a maintenu dans la course au prix 2018 les quatre romans suivants,
 présentés par ordre alphabétique d'auteur :




 
 Il faudra patienter jusqu'au 22 juin prochain
pour connaître le lauréat qui succédera à Bérengère Cournut
et à Née contente à Oraibi.

jeudi 24 mai 2018

L'herbier de Jean-Jacques Rousseau

Jean-Jacques Rousseau,
Lettres sur la botanique, Folio, 97 pages, 2 €
" Prenez une de ces petites fleurs qui dans cette saison tapissent les pâturages et qu'on appelle ici Pâquerettes, petites Marguerites, ou Marguerites tout court. Regardez la bien ; car à son aspect, je suis sûr de vous surprendre en vous disant que cette fleur si petite et si mignonne est réellement composée de deux ou trois cents autres fleurs toutes parfaites, c'est-à-dire ayant chacune sa corolle, son germe, son pistil, ses étamines sa graine, en un mot aussi parfaite en son espèce qu'une fleur de Jacinthe ou de Lys. Chacune de ces folioles blanches en dessus, roses en dessous qui forment comme une couronne autour de la marguerite, et qui ne vous paraissent tout au plus qu'autant de petits pétales sont réellement autant de véritables fleurs…"
C'est à Madame Delessert que s'adresse, dans ces termes charmants, Jean-Jacques Rousseau pour l'inciter à ouvrir les yeux sur ce qui mérite vie au monde, comme lui-même tente de le faire.
Connues sous le titre de Lettres élémentaires sur la botanique, Folio reprend cet ensemble de lettres du temps où l'auteur des Confessions et des Rêveries fut pris d'un " engouement d'enfant ", selon l'expression de Bernard Gagnebin, pour les fleurs, leur observation et leur conservation dans un herbier.
L'occasion de se divertir intelligemment est immanquable.

Rousseau herborisant

dimanche 20 mai 2018

Esilda s'adresse aux 5-8 ans

Esilda, oui, a pensé aux amateurs de livres entre 6 et 8 ans :
 
Angélique Villeneuve, Anaïs Brunet, Le Grand poulpe,
Sarbacane, 15,50 €
 
Jean-Michel Billioud, Pauline Martin, Le Capitaine au long cours,
Gallimard jeunesse, 12 e
 
Joseph Kuefler, Les Rois du parc,
Circonflexe; 13,50 €
 
Manuel Marsol, Duel au soleil,
L'Agrume, 20 €
 
Yuval Zommer, Nos incroyables animaux marins,
Glénat jeunesse, 64 pages, 16,95 €

samedi 19 mai 2018

L'effet girafe

Eric Poindron, L'ombre de la girafe,
Bleu autour, 112 pages, 13 €
Eric Poindron est un mordu de la girafe.
Un mordu, oui, un fêlé de la girafe.
C'est chez lui de famille. Déjà le père de son père, ainsi que son grand-père, étaient des fondus de l'animal au long cou sorti de l'imagination de tous les enfants du monde et qui rêvent. Ils vivent girafe, ils pensent girafe, ils cherchent girafe et Eric Poindron de citer, carrément, Marc Alyn le poète :
" Quand je serai grand, je serai girafe
Pour être bien vu par les géographes. "
La girafe présente sur d'autres animaux une réserve d'onirisme peu discutable : ce cou, ces tâches, cette dégaine sont propres à enflammer tous ceux qui, comme Rousseau vont rêvant toujours et ne pensant point. Il y aurait, bien sûr, le lion, l'âne, le rhino pour allumer les âmes enfantines -- tous les animaux de la création pourraient être cités à l'appui. Il y aurait, non moins, la licorne (une autre amie du libraire), pour lui tenir tête et corne. Il y aurait le sphinx  et de nombreuses chimères localisées dans la zoologie fantastique. Mais la girafe, il y a de quoi s'en toquer.
Elle a de nombreux atouts pour devenir la reine de l'imagination naturelle, créature entre mythe et réalité. Il faut protéger, que dis-je, il faut développer la girafe imaginaire, développer la faune et la flore inventées ! C'est un merveilleux moyen de voyager, sur place s'il le faut, et de protéger la girafe dite vraie, la girafe des savanes, celle dont nous n'aimons pas moins l'existence, celle qui dépend de nos fantasmes -- d'amour ou de criminels safaris.
Le voyage dans la caravane des rêves d'Eric Poindron est un excellent plaidoyer pour les sciences naturelles, c'est-à-dire pour la nature, pour son observation et sa perpétuation. Oui, messieurs dames.
Malicieuse, énergique, pas geignarde ni quémandeuse pour un sou, sa prose  est, en outre, beaucoup plus drôle que celle des savants, sauf par inadvertance, et sauf votre respect.
C'est l'esprit d'enfance, tant facétieux qu'ébahi, qui se manifeste dans le livre généreux et véloce d'Eric Poindron. De plus, un homme qui se souvient de Jean Le Mauve, typographe, poète, picard, ne saurait être un mauvais écrivain. La preuve :
" Qu'est ce que tu attends ?
Des girafes et des songes. Des enchantements qui s'étirent à l'infini. Des iguanodons. "

jeudi 17 mai 2018

Les Rencontres Albert Londres, c'est ici

Salle des Fêtes de Vichy et rue Besse se dérouleront les 9e Rencontres Albert Londres,
du 25 au 27 mai prochains.
 


mercredi 16 mai 2018

L'A.I.R. de Lyon

C'est à Lyon, à la Villa Gilet, du 21 au 27 mai 2018.
Philippe Besson, Jonathan Coe, Baptiste Morizot, Ian Mc Ewan,
 Jean-Christophe Rufin, Leïla Slimani, Alice Zeniter
Le programme complet se trouve près du divan rouge.