samedi 7 juillet 2018

Prix Goupil : ils ont voté !

Claire Renaud, Les Quatre gars,
Sarbacane, 229 pages, 15,50 €
Décidément, cette année, la vie sur les îles rencontre le succès auprès des lecteurs de Vichy.
Après Tristan (Sabine Wespieser éditeur), prix du jury du rayon adultes, voici que Les Quatre gars (éditions Sarbacane) l'emporte au rayon des jeunes lecteurs.
Claire Renaud, et son roman qui se déroule sur l'île de Noirmoutier, rejoint donc Clarence Boulay, et ses îliens loin de tout au monde sur l'île de Tristan da Cunha.
Belle coïncidence, beau parallèle.
Nous en reparlerons.


Clarence Boulay, Tristan, Sabine Wespieser éditeur,
188 pages, 18 €

vendredi 6 juillet 2018

La fête à Pessoa

Fernando Pessoa, Je(ux). Petite anthologie, illustrations
de Ghislaine Herbéra, traduction de Patrick Quillier,
Chandeigne, 88 pages, 14 €
" Bas les masques… Qui est-il,  Fernando Pessoa ? On dit de lui qu'il est le plus grand auteur portugais, l'un des poètes les plus universels que l'Europe a connu au XXe siècle. Mais que sait-on de cet écrivain aux multiples talents ", interroge Joanna Cameira Gomes dans la postface de cette délicieuse mini-anthologie poétique.
L'idée qui a présidé à la confection de cet
" album ", où les illustrations de Ghislaine Herbéra se mêlent aux mots facétieux et nostalgiques du poète, est celle de l'enfance. C'est à l'enfance qu'il est demandé de nous révéler le " vrai " Pessoa. Derrière les différentes identités littéraires qu'il s'était donné. Derrière ses masques, son théâtre et ses feintes. Derrière son mentir vrai.
Et c'est dans ce pays de l'âge tendre qu'il se retrouve lui-même, plus vrai que jamais. Ecoutons-le un instant. De toute notre imagination :

" Jouant avec un jockey jaune, un chien vert
Et un cheval bleu qui apparaît par-dessus le mur
De mon jardin… Et la musique lance des balles
A mon enfance… Et le mur du jardin
     est fait de mouvements
De baguette, et de confuses rotations
     de chiens verts,
De chevaux bleus et de jockeys jaunes… "

N'est-il pas vivant ?
Un autre moyen de rejoindre Pessoa nous est donné avec Fragments d'un voyage immobile. Il s'agit, cette fois, d'un recueil de citations puisées dans la malle laissée par " l'homme aux masques ". L'esprit d'enfance n'y est certainement pas absent ; ni celle d'imagination et de rêve, qui ne sauraient toutefois épuiser le tout de l'homme et de son œuvre. Un long essai d'Octavio Paz (1914-1998), le poète et théoricien mexicain, précède le choix des textes, republié chez Rivages.

Fernando Pessoa, Fragments d'un voyage
immobile, choix et traduction de Rémy Hourcade,
Rivages poche, 125 pages, 6,60 €





jeudi 5 juillet 2018

Georges-Emmanuel Clancier

L'auteur du Pain noir (un succès tel qu'il fit de l'ombre au reste abondamment poétique de son œuvre) vint régulièrement à Vichy au titre de membre du prix Valery Larbaud.
 
Georges-Emmanuel Clancier vient de décéder.
Il était âgé de cent et quatre ans.
 
 
 

dimanche 1 juillet 2018

Montaigne présent

Bernard Bourrit, Montaigne, pensées frivoles et
vaines écorces, Le Temps qu'il fait, 230 pages, 23 €
" Le propre de la rêverie est de n'avoir ni corps ni suject. Elle s'enclenche sans cause, du moins sans cause externe. Spontanément cet élan agite, chatouill[e], réjouit l'âme, ou au contraire l'embrouille. Ce flux interne de pensées, sustenté d'inanité, alimenté d'ombres, crée pourtant bien des remous sur les visages : ce sont les grimaces estonnees, riardes, confuses, les éclats de voix ou les soubresauts des membres qu'émet l'homme seul quand il songe. Hanté par des visions fauces, cet homme-là negocie, dirait-on, avec son demon."

Dirons-nous gloses ? Explications ? Paraphrases ? Bernard Bourrit s'est incorporé l'esprit de Montaigne au point que tout ce qu'il en extrait est d'un parfait naturel. Les italiques abondants dans son texte pourvoient au rythme de la pensée. Ils soulignent, en outre, la saveur que présente pour nous une orthographe en allée, légèrement étrangère : à l'esquart.
Re-pensant ainsi Montaigne à sa guise (il ne cherche pas à dire tout Montaigne ; mais tout ce qu'il en dit est authentique), il lui est fidèle à s'y méprendre.

lundi 25 juin 2018

De la délicatesse

Henri Cole, Paris-Orphée, traduit de l'anglais
(Etats-Unis) par Claire Malroux,
La Bruit du temps, 176 pages,  19 €
La délicatesse est une qualité en pleine
régression dans notre monde, songeait tris-
tement le libraire. Lorsqu'il tomba sur ces lignes, consignées par le poète américain 
Henri Cole :

" Comme moi, la panthère est une voyageuse solitaire et sa déplace à pas lents, ainsi qu'il m'arrive de le faire, avec une mélancolique intensité. Puis, soudain, elle ouvre ses yeux magnifiques et le monde la transperce :

Parfois, se lève le rideau des pupilles
sans bruit. Une image y pénètre,
parcourt le silence tendu des membres
et arrivant au cœur, s'évanouit.*

Dans son essai sur Auguste Rodin, poursuit Henri Cole, Rilke décrit les visites que le sculpteur effectuait très tôt le matin au jardin des Plantes pour dessiner les animaux endormis.
Plus tard, dans son atelier, rue de l'Université,
il observe le petit moulage antique d'un chat sauvage que celui-ci chérissait : " Il y a un moulage de panthère, de facture grecque, de la taille d'une main à peine… Si on regarde de face l'espace formé sous son corps par ses quatre fortes pattes, on a l'impression de contempler les profondeurs d'un temple de pierre indien, tant cette œuvre prend des proportions immenses et globales. "

Une mélancolique intensité, des yeux magnifiques, cette représentation d'un chat sauvage que l'on chérit, ce temple indien... Il y a donc place pour la délicatesse, et pour la grâce, se dit, un instant rassuré, le libraire.


* Poème de Rainer Maria Rilke, dans une traduction de Lorand Gaspar.



dimanche 24 juin 2018

Le prix des Lecteurs A la Page 2018 est désigné !


Le jury du Prix des Lecteurs A la Page a donné son avis, vendredi soir : Tristan, de Clarence Boulay, édité par Sabine Wespieser est son choix.
Ce premier roman succède à celui de Bérengère CournutNée contente à Oraibi et, comme celui-ci, nous entraîne loin des bases géographiques qui sont les nôtres. En plein Atlantique sud, dans un grand vide océanique où se situe l'archipel dont Tristan da Cunha (200 habitants et quelques) est l'île principale.
 L'expérience de la narratrice est authentifiée par le séjour de Clarence Boulay elle-même qui a passé huit mois à Tristan réputée l'île la plus éloignée qui soit des hommes.

Voici ce que Clarence Boulay a déclaré  sur France Culture à propos de son roman : 
J’ai voulu faire l’usage de cette distance, éprouver comment ça se passe sensiblement,       corporellement, intellectuellement d’aller vers ce point-là.  Et qu’est-ce qu'il se passe, quand notre centre, le continent, devient alors périphérie. J’ai voulu comprendre en inversant les choses. Ida se pose aussi parfois en ethnologue dans sa volonté de comprendre. Est-ce qu’on peut dissocier le scientifique de l’intime ? L’observation participante de la relation amoureuse ? Car c’est à travers ces moments d’intimité qu’Ida va vraiment comprendre les enjeux de la communauté, enjeux moraux, familiaux, d’organisation, à travers le discours de Saul.
 

mercredi 20 juin 2018

Dernières nouvelles du franglais

Michel Serres er Michel Polacco, Défense et
illustration de la langue française aujourd'hui,
Le Pommier/ France Info, 128 pages, 9 €
"  Voici une règle simple : dès lors que nous importons un objet nouveau  ou une conduite nouvelle, c'est positivement enrichir la langue qu'adopter le mot qu'on importe à ce moment-là. Le français s'est enrichi de mots arabes : " algèbre" , "algorithme", " tarif" ; de mots italiens, à la Renaissance : "fourchette", "sonate" ; même de mots aztèques : " haricot". Alors la langue s'enrichit. Mais c'est l'appauvrir que de substituer à un mot français déjà existant un mot anglais. Par exemple City Radio me scandalise : Radio Cité eut bien fait l'affaire. Pourquoi les sportifs disent-ils "Top 16", et non pas "première division" ? Pourquoi veulent-ils avoir des coaches plutôt que des entraîneurs ? (...° Pour mieux l'asservir, un occupant éradique toujours la langue du vaincu. Ainsi firent les Romains en Gaule, ainsi firent les Russes en Pologne... Il y a aujourd'hui, sur les murs de Paris, plus de mots anglais qu'il n'y avait de mots allemands pendant l'Occupation. Où sont donc les troupes d'occupation  ? Qui sont donc les collabos ?  "

Michel Serres et Michel Polacco
 
 
Le chef-d'œuvre indépassé de George Orwell, 1984, vient de reparaître dans une nouvelle traduction. Orwell en connaissait un rayon en matière d'appauvrissement des langues (puisqu'aussi bien le français n'est pas la seule langue concernée). On méditera l'appendice du roman, où Orwell expose les bases de la novlangue (devenue néoparler dans la nouvelle version).
George Orwell, 1984, traduit de l'anglais par
Josée Kamoun, 371 pages, 21 €
 

 

samedi 16 juin 2018

Loup y es-tu ? (suite)

Elli H. Radinger, La Sagesse des loups,
traduit de l'allemand par Dider Debord,
Guy Trédaniel, 277 pages, 18 €
Il s'était taillé une très, très mauvaise réputation en croquant chaperons rouges,  quelques mères grands et de nombreuses brebis. Ce qui, à vrai dire, lui colle encore aux baskets.
Mais voici que le loup, depuis quelque temps, de même que l'ours, occupe l'imagination naturelle des civilisés de façon plus positive. Le libraire a déjà signalé cette évolution ici : http://alapagevichy.blogspot.com/2017/09/du-rififi-chez-les-loups.html
Mais les choses n'en restent pas là. Témoins deux livres consacrés à cette belle bête. Elli H. Radinger, avec La Sagesse des loups (après celle des arbres, des marcassins et des champignons…) n'y va pas de main morte. " Les loups m'accordent le privilège de partager leur vie ", dit-elle. Et ce n'est pas nécessairement ce genre de proclamation légèrement commerciale et sentimentalement anthropocentrique dont le public en quête de connaissances a besoin.
Jean Marc Landry publie, pour sa part, un ouvrage de nature encyclopédique, plus conforme à cette attente. On y trouve de l'information sur les origines de l'espèce, son adaptation au milieu, sa répartition dans le monde, son mode de vie en groupe, ses pratiques de chasse. Et sur ses rapports, disons : malaisés avec le genre humain. Les illustrations abondantes complètent agréablement un portrait qui se veut équilibré en "ni ange ni démon".
Jean-Marc-Landry, Le Loup, Delachaux Niestlé,
368 pages, 29 €

jeudi 14 juin 2018

La liseuse aux oubliettes

On pouvait lire dans Livres Hebdo, du 31 mai dernier la fracassante déclaration suivante :
Considérant que " le livre est de retour après le choc que lui a fait subir le livre numérique", " il n’y aura jamais trop de librairies aux États-Unis ", a proclamé, mercredi 30 mai à New York devant quelque 200 libraires réunis pour l’inauguration de la foire professionnelle BookExpo, le fondateur de Barnes & Noble, Len Riggio, 77 ans. "
Information confirmée le lendemain en ces termes :

" Les patrons des trois principaux groupes d’édition américains (…) ont saisi l’occasion pour clairement tourner la page du livre numérique (e-book), dont ils croyaient dix ans plus tôt qu’il allait bouleverser tous les équilibres de l’industrie du livre. "

Le libraire est ravi d'apprendre qu'on compte maintenant sur lui pour rattraper l'une des plus monumentales et plus coûteuses erreurs (pour rester poli) de l'histoire culturelle récente.
N'ayant jamais perdu le sens de l'humour, sinon, il aurait changé de métier, il kiffe la situation.




 

mercredi 13 juin 2018

Vichy en caricatures

Cures d'eaux et réjouissances publiques. Caricatures et
dessins humoristiques à Vichy et ses environs, 1850-
2000, S.H.AV.E., 15 €
Fabienne Gelin et Michel Promerat seront présents à la librairie Samedi 23 juin prochain, à 15h30, pour présenter et dédicacer Cures d'eaux et réjouissances publiques, un album édité par la Société d'Histoire et d'Archéologie de Vichy et des environs.

Abondamment illustré, comme on s'en doute pour pareil sujet, cet ouvrage roboratif est consacré à une vision satyrique de la ville thermale, de ses curistes, de ses hommes politiques entre 1850 et l'année 2000.
Affiches, cartes postales et autres documents reproduits proviennent des fonds patrimoniaux de  la Ville de Vichy.
Un livre, propre, en somme, à figurer dans toutes les bibliothèques vichyssoises, et au-delà, qui se respectent.
 

samedi 26 mai 2018

Petite pause dans la Grande bleue

Le librairie n'alimentera pas le blog avant le 13 juin prochain,
le temps de recharger ses batteries
quelque part en Méditerranée.
 

A la Page, elle, reste ouverte et disponible aux appels et aux visites
aux heures habituelles.

vendredi 25 mai 2018

Premier tour de vote pour le prix des Lecteurs A la Page 2018

A l'issue de son premier tour de vote,
et des arguments échangés avec passion,
le jury du prix des Lecteurs A la Page
a maintenu dans la course au prix 2018 les quatre romans suivants,
 présentés par ordre alphabétique d'auteur :




 
 Il faudra patienter jusqu'au 22 juin prochain
pour connaître le lauréat qui succédera à Bérengère Cournut
et à Née contente à Oraibi.

jeudi 24 mai 2018

L'herbier de Jean-Jacques Rousseau

Jean-Jacques Rousseau,
Lettres sur la botanique, Folio, 97 pages, 2 €
" Prenez une de ces petites fleurs qui dans cette saison tapissent les pâturages et qu'on appelle ici Pâquerettes, petites Marguerites, ou Marguerites tout court. Regardez la bien ; car à son aspect, je suis sûr de vous surprendre en vous disant que cette fleur si petite et si mignonne est réellement composée de deux ou trois cents autres fleurs toutes parfaites, c'est-à-dire ayant chacune sa corolle, son germe, son pistil, ses étamines sa graine, en un mot aussi parfaite en son espèce qu'une fleur de Jacinthe ou de Lys. Chacune de ces folioles blanches en dessus, roses en dessous qui forment comme une couronne autour de la marguerite, et qui ne vous paraissent tout au plus qu'autant de petits pétales sont réellement autant de véritables fleurs…"
C'est à Madame Delessert que s'adresse, dans ces termes charmants, Jean-Jacques Rousseau pour l'inciter à ouvrir les yeux sur ce qui mérite vie au monde, comme lui-même tente de le faire.
Connues sous le titre de Lettres élémentaires sur la botanique, Folio reprend cet ensemble de lettres du temps où l'auteur des Confessions et des Rêveries fut pris d'un " engouement d'enfant ", selon l'expression de Bernard Gagnebin, pour les fleurs, leur observation et leur conservation dans un herbier.
L'occasion de se divertir intelligemment est immanquable.

Rousseau herborisant

dimanche 20 mai 2018

Esilda s'adresse aux 5-8 ans

Esilda, oui, a pensé aux amateurs de livres entre 6 et 8 ans :
 
Angélique Villeneuve, Anaïs Brunet, Le Grand poulpe,
Sarbacane, 15,50 €
 
Jean-Michel Billioud, Pauline Martin, Le Capitaine au long cours,
Gallimard jeunesse, 12 e
 
Joseph Kuefler, Les Rois du parc,
Circonflexe; 13,50 €
 
Manuel Marsol, Duel au soleil,
L'Agrume, 20 €
 
Yuval Zommer, Nos incroyables animaux marins,
Glénat jeunesse, 64 pages, 16,95 €

samedi 19 mai 2018

L'effet girafe

Eric Poindron, L'ombre de la girafe,
Bleu autour, 112 pages, 13 €
Eric Poindron est un mordu de la girafe.
Un mordu, oui, un fêlé de la girafe.
C'est chez lui de famille. Déjà le père de son père, ainsi que son grand-père, étaient des fondus de l'animal au long cou sorti de l'imagination de tous les enfants du monde et qui rêvent. Ils vivent girafe, ils pensent girafe, ils cherchent girafe et Eric Poindron de citer, carrément, Marc Alyn le poète :
" Quand je serai grand, je serai girafe
Pour être bien vu par les géographes. "
La girafe présente sur d'autres animaux une réserve d'onirisme peu discutable : ce cou, ces tâches, cette dégaine sont propres à enflammer tous ceux qui, comme Rousseau vont rêvant toujours et ne pensant point. Il y aurait, bien sûr, le lion, l'âne, le rhino pour allumer les âmes enfantines -- tous les animaux de la création pourraient être cités à l'appui. Il y aurait, non moins, la licorne (une autre amie du libraire), pour lui tenir tête et corne. Il y aurait le sphinx  et de nombreuses chimères localisées dans la zoologie fantastique. Mais la girafe, il y a de quoi s'en toquer.
Elle a de nombreux atouts pour devenir la reine de l'imagination naturelle, créature entre mythe et réalité. Il faut protéger, que dis-je, il faut développer la girafe imaginaire, développer la faune et la flore inventées ! C'est un merveilleux moyen de voyager, sur place s'il le faut, et de protéger la girafe dite vraie, la girafe des savanes, celle dont nous n'aimons pas moins l'existence, celle qui dépend de nos fantasmes -- d'amour ou de criminels safaris.
Le voyage dans la caravane des rêves d'Eric Poindron est un excellent plaidoyer pour les sciences naturelles, c'est-à-dire pour la nature, pour son observation et sa perpétuation. Oui, messieurs dames.
Malicieuse, énergique, pas geignarde ni quémandeuse pour un sou, sa prose  est, en outre, beaucoup plus drôle que celle des savants, sauf par inadvertance, et sauf votre respect.
C'est l'esprit d'enfance, tant facétieux qu'ébahi, qui se manifeste dans le livre généreux et véloce d'Eric Poindron. De plus, un homme qui se souvient de Jean Le Mauve, typographe, poète, picard, ne saurait être un mauvais écrivain. La preuve :
" Qu'est ce que tu attends ?
Des girafes et des songes. Des enchantements qui s'étirent à l'infini. Des iguanodons. "

jeudi 17 mai 2018

Les Rencontres Albert Londres, c'est ici

Salle des Fêtes de Vichy et rue Besse se dérouleront les 9e Rencontres Albert Londres,
du 25 au 27 mai prochains.
 


mercredi 16 mai 2018

L'A.I.R. de Lyon

C'est à Lyon, à la Villa Gilet, du 21 au 27 mai 2018.
Philippe Besson, Jonathan Coe, Baptiste Morizot, Ian Mc Ewan,
 Jean-Christophe Rufin, Leïla Slimani, Alice Zeniter
Le programme complet se trouve près du divan rouge.
 
 
 

lundi 14 mai 2018

Soleil levant

Erin Niimi Longhurst, L'Art de vivre à la japonaise,
traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Sylvie Lecoq,
HarperCollins, 288 pages, 15,90 €
" Trouvez le chemin d'une vie épanouie grâce à la culture et à la philosophie japonaises ", intime la quatrième de couverture de L'Art de vivre à la japonaise. L'ouvrage est diversement illustré et parsemé de sentences proverbiales (vous n'échapperez pas à la citation du citoyen japonais le plus à la mode en France, à savoir Henry David Thoreau). Il y est question de sagesse, de cuisine, de calligraphie, d'architecture en bois et papier, de composition florale et de cérémonie du thé. On y trouve des renseignements.  Pourtant, traduite de l'anglais, cette somme paraît un peu trop composée à l'usage des Occidentaux.
Le libraire conserve en permanence sur son étal un petit trésor d'une quarantaine de pages, traduit du japonais, qui lui semble propre à renseigner fidèlement sur la qualité d'une vie à la japonaise. Notes de ma cabane de moine fut rédigé au XIIe siècle. Hier, pour ainsi dire. Comment et où vivre est le thème central de ce grand classique en peu de feuillets.
" Tantôt je cueille des pousses de roseaux, ou des fruits de laurier sauvage, je ramasse des ignames, ou du cresson. Tantôt je vais dans les rizières au pied de la montagne, je glane des épis abandonnés pour en tresser des offrandes sacrées aux dieux. Quand il fait très beau, je grimpe au sommet de la montagne, et contemple de loin le ciel de ma patrie, la montagne de Kohata, le village de Fushimi, Topba, Hatsukashi. Les beaux paysages n'ayant pas de propriétaires, chacun peut sans contrainte se consoler en les contemplant. "
Le libraire retire son ironie : Thoreau a dû fréquenter Kamo No Chômei, l'auteur de ces Notes de ma cabane de moine. D'une façon ou d'une autre.
Kamo No Chômei, Notes de ma cabane
de moine, traduit du japonais par le Révérend
Père Sauveur Candau, Le Bruit du Temps,
80 pages, 11 €
 



dimanche 13 mai 2018

Samedi BD (30)

C'était la 30e de SAMEDI BD !
Nous dévoilons  une partie de la sélection d'Esilda :
 
Trondheim-Chevillard, Je vais rester,
Rue de Sèvres, 120 pages, 18 €

 

Zep, The End, Rue de Sèvres,
92 pages, 19 €

 
Victor Marco, Nous sommes Sportacus,
Sarbacane, 104 pages, 21,50 €
 
Timothée de Fombelle, Christian Cailleaux,
Gramercy Park, Gallimard, 104 pages, 20 €
 
Elizabeth Holleville, ,L'Eté fantôme,
Glénat, 254 pages, 25,00 €

vendredi 11 mai 2018

L'ode à Schubert

Ian Bostridge, Le Voyage d'hiver de Schubert.
Anatomie d'une obsession, essai traduit de l'anglais
et de l'allemand par Denis-Armand Canal,
Actes Sud, 444 pages, 29 €
Le lecteur s'en aperçoit immédiatement : le livre de Ian Bostritge est un livre de passionné. Il est consacré à un ensemble, un cycle, de vingt-quatre lieder pour voix et piano de Franz Schubert : Le Voyage d'hiver.
L'auteur est lui-même un ténor, interprète du cycle, qu'il peut approcher de l'intérieur et sous toutes les facettes possibles. Cette œuvre du compositeur autrichien semble l'avoir ensorcelé très tôt. Dès l'âge de douze ou treize ans, raconte-t-il, grâce à la fougue d'un professeur de musique. Elle l'a accompagné tout au long de sa carrière.
Les vingt quatre lieder -- et les  poèmes de Wilhelm Müller mis en musique -- font l'objet de vingt quatre chapitres (plus un postlude) dans lesquels Bostridge livre ses impressions entremêlées à de sérieuses connaissances historiques, musicales et littéraires. Leur texte n'a rien de pesant, il n'est pas d'un cuistre.

Il est, de plus, servi, par des reproductions et des documents choisis par l'auteur ,et qui font de ce livre l'un des plus beaux parus dans le domaine musical ces derniers mois.

jeudi 10 mai 2018

Le style familier

William Hazlitt, Sur l'amour de la vie et autres essais,
textes traduits, annotés et présentés par
Denis Bonnecase, du Sandre, 492 pages, 35 €
" Il n'est pas facile d'écrire dans un style familier. Bien des gens confondent style familier et style vulgaire, er croient qu'écrire sans affectation , c'est écrire sans réfléchir. Mais, bien au contraire, rien n'exige plus de précision et, si je peux le dire ainsi, de pureté d'expression que le style dont je parle. Il exclut absolument toute emphase inintelligible, mais aussi toutes les tournure triviales et stéréotypées, et toutes les allusions vagues, sans lien et peu soignées. Cela ne consiste pas à prendre le premier mot qui se présente, mais le meilleur qui soit d'usage courant ; cela ne consiste pas à jeter des mots ensemble en les associant à son gré, mais à se conformer avec profit à l'authenticité idiomatique de la langue. Ecrire dans un style familier de bon aloi, ou véritablement anglais, c'est écrire comme parlerait dans la conversation ordinaire quiconque disposant d'un assortiment complet de mots et les maîtrisant parfaitement, ou pouvant discourir avec aisance, vigueur et clarté en écartant toutes les fioritures ampoulées et pédantes. "
 
William Hazlitt (1778-1830), Sur le style familier.
 

mercredi 9 mai 2018

Corot et la lecture

Des différents modèles ayant inspiré Jean-Baptiste Corot (1796-1875) exposés au musée Marmottan Monet à Paris, on ne sera pas surpris que le libraire choisisse ceux-ci.

Ces portraits sont tous liés à un objet de faible taille, de forme rectangulaire associant, au moyen d'une reliure ou d'un brochage, des feuilles de papier noircies de signes typographiques variés.
L'enchantement provoqué par ces signes couchés sur les pages est généralement tel que le sujet qui en prend connaissance est transporté dans un monde autre.
C'est indiscutablement ce qui arrive à ces jeunes liseuses dont l'une au moins (la Liseuse couronnée de fleurs ou La muse de Virgile) annonce les préraphaélites.
Le libraire, qui fait commerce de cet objet rectangulaire de faible taille ne peut garantir son efficacité magique à tout coup. Mais il a toujours bonne confiance dans ses
pouvoirs, même s'ils rendent parfois un peu mélancoliques.
Le catalogue de l'exposition Corot est disponible aux éditions Hazan, tandis que le magazine Connaissance des Arts publie un numéro hors série sur le même thème.
L'un et l'autre contiennent plein de signes et de reproductions de tableaux efficaces.
Foi de libraire.


Sébastien Allard, Corot. Le peintre et ses modèles,
Hazan, 192 pages, 29 €

lundi 7 mai 2018

Littérature et climat

Après cela, qui dira que la reine météo n'affecte pas la production littéraire ?
 
Brigitte Kernel, Jours brulants à Key West,
Flammarion, 270 pages, 19 €

Jim Lynch, Face au vent, traduit de l'américain
par Jean Esch, Gallmeister,
333 pages, 23,20 €


Elisa Ruotolo, J'ai volé la pluie, traduit de l'italien
par Nathalie Bauer,
Cambourakis, 138 pages, 18 €

Philippe Delerm, Et vous avez eu beau temps ?
Seuil, 164 pages, 15 €