lundi 26 novembre 2018

Quand Jim Harrison fait bombance

Les végétariens et les végétaliens, plus encore, vont détester ce livre et en vouloir à Jim Harrison pour l'éternité (vers laquelle il s'est dirigé il y a deux ans). C'est que le gueuleton auquel il est fait allusion tout au long de ses 374 pages ne répond qu'à un " seul mot d'ordre : être modéré à l'excès." Et ce serment n'est trahi à aucun moment, sans épargner perdrix et antilopes, poissons d'eau douce aussi bien que canards sauvages et loups de mer. Pauvres animaux !
La verve de l'écrivain Jim Harrison se montre aussi dangereuse que ses coups de carabine ou les lancers de sa canne à pêche. Les bons mots, les formules assassines, sont décochés en rafale.
La francophilie et l'hispanophilie gargantuesques qu'il affiche ne sont pas seulement culinaires ou vineuses, pour reprendre l'une de ses expressions. Elle sont aussi littéraires -- par quoi elles atteignent le libraire au fond de son échoppe. Un homme qui place Antonio Machado au sommet des poètes ne saurait, d'ailleurs, être entièrement mauvais.
Mille anecdotes, mille réflexions bienvenues ponctuent son  livre, gourmand et bavard : " Je ne veux pas mourir comme tous ces écrivains grincheux et épuisés. Il est vraiment temps de plonger bille en tête vers l'avenir, cœur et menton tendus vers l'avant, les pieds lestés du vin nécessaire ", peut résumer sa morale joyeuse. 


>> Jim Harrison, Un sacré gueuleton. Manger, boire et vivre, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Brice Matthieussent, Flammarion, 374 pages, 21,50 €

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