dimanche 1 juillet 2018

Montaigne présent

Bernard Bourrit, Montaigne, pensées frivoles et
vaines écorces, Le Temps qu'il fait, 230 pages, 23 €
" Le propre de la rêverie est de n'avoir ni corps ni suject. Elle s'enclenche sans cause, du moins sans cause externe. Spontanément cet élan agite, chatouill[e], réjouit l'âme, ou au contraire l'embrouille. Ce flux interne de pensées, sustenté d'inanité, alimenté d'ombres, crée pourtant bien des remous sur les visages : ce sont les grimaces estonnees, riardes, confuses, les éclats de voix ou les soubresauts des membres qu'émet l'homme seul quand il songe. Hanté par des visions fauces, cet homme-là negocie, dirait-on, avec son demon."

Dirons-nous gloses ? Explications ? Paraphrases ? Bernard Bourrit s'est incorporé l'esprit de Montaigne au point que tout ce qu'il en extrait est d'un parfait naturel. Les italiques abondants dans son texte pourvoient au rythme de la pensée. Ils soulignent, en outre, la saveur que présente pour nous une orthographe en allée, légèrement étrangère : à l'esquart.
Re-pensant ainsi Montaigne à sa guise (il ne cherche pas à dire tout Montaigne ; mais tout ce qu'il en dit est authentique), il lui est fidèle à s'y méprendre.

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