vendredi 6 juillet 2018

La fête à Pessoa

Fernando Pessoa, Je(ux). Petite anthologie, illustrations
de Ghislaine Herbéra, traduction de Patrick Quillier,
Chandeigne, 88 pages, 14 €
" Bas les masques… Qui est-il,  Fernando Pessoa ? On dit de lui qu'il est le plus grand auteur portugais, l'un des poètes les plus universels que l'Europe a connu au XXe siècle. Mais que sait-on de cet écrivain aux multiples talents ", interroge Joanna Cameira Gomes dans la postface de cette délicieuse mini-anthologie poétique.
L'idée qui a présidé à la confection de cet
" album ", où les illustrations de Ghislaine Herbéra se mêlent aux mots facétieux et nostalgiques du poète, est celle de l'enfance. C'est à l'enfance qu'il est demandé de nous révéler le " vrai " Pessoa. Derrière les différentes identités littéraires qu'il s'était donné. Derrière ses masques, son théâtre et ses feintes. Derrière son mentir vrai.
Et c'est dans ce pays de l'âge tendre qu'il se retrouve lui-même, plus vrai que jamais. Ecoutons-le un instant. De toute notre imagination :

" Jouant avec un jockey jaune, un chien vert
Et un cheval bleu qui apparaît par-dessus le mur
De mon jardin… Et la musique lance des balles
A mon enfance… Et le mur du jardin
     est fait de mouvements
De baguette, et de confuses rotations
     de chiens verts,
De chevaux bleus et de jockeys jaunes… "

N'est-il pas vivant ?
Un autre moyen de rejoindre Pessoa nous est donné avec Fragments d'un voyage immobile. Il s'agit, cette fois, d'un recueil de citations puisées dans la malle laissée par " l'homme aux masques ". L'esprit d'enfance n'y est certainement pas absent ; ni celle d'imagination et de rêve, qui ne sauraient toutefois épuiser le tout de l'homme et de son œuvre. Un long essai d'Octavio Paz (1914-1998), le poète et théoricien mexicain, précède le choix des textes, republié chez Rivages.

Fernando Pessoa, Fragments d'un voyage
immobile, choix et traduction de Rémy Hourcade,
Rivages poche, 125 pages, 6,60 €





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