mardi 26 septembre 2017

Du rififi chez les loups

Arthur Lenormant, Sandrine Monnier, Le Loup, le
libraire et l'éditeur, Thomas jeunesse, 12,90
La sociologie des librairies, des maisons d'édition et le comportement des loups croqués d'un coup d'un seul pour les enfants de six-sept ans, il fallait s'y risquer !
Sandrine Monnier, pour les illustrations, et Arthur Lenormant pour le texte, y sont parvenus. Superlativement.
Précisons d'entrée que l'histoire est ici narrée du point de vue du loup, lassé du rôle qu'on lui fait endosser dans la littérature enfantine (et sans doute ailleurs) : le loup est une grosse brute sanguinaire qui ne pense qu'à satisfaire ses longues dents et sa grosse bedaine poilue. Alors que le loup a changé, que le loup aime maintenant les carottes, les salades et les poireaux et qu'il sait (à peu près) se contenir lorsque passe près de chez lui un agneau. Et personne ne le voit, personne ne s'en soucie.
Que fait le loup qui aime les légumes ?
Il se rend à la librairie " Jolis mots " où travaille Mademoiselle Rigourdine. Mais là, surprise : qu'avise-t-il au rayon jeunesse ? Rien que des livres humiliants pour le loup. Des livres qui ont pour titre : Mon gentil petit loup, Chasse au loup, Rire du loup, Petit loup a peur du méchant Chaperon rouge et autres lénifiantes billevesées qui ne parlent pas du vrai caractère, du caractère crâne du loup.
C'en est trop ! Monsieur Loup voit rouge. Il file chez un éditeur et ... ne comptez pas sur nous pour raconter la fin d'une histoire palpitante, aussi justement observée, et  dont les auteurs, manifestement, connaissent de près libraires et librairies. Ce qui n'est pas une mince qualité.
L'album s'intitule Le Loup, le libraire et l'éditeur. Immanquable.

Ce que le loup ne veut plus voir



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