mardi 4 juillet 2017

Minute de mauvaise humeur du libraire (4)

Quand on lui parle aujourd'hui de la rentrée littéraire, le libraire est un peu grognon. D'abord parce que parler de rentrer quand on n'est pas encore sorti a quelque chose d'irritant.
Ensuite, parce que la presse promet au libraire une rentrée avec "des écrivains les pieds sur terre", dessinant le "roman du réel ", selon les mots de Livres Hebdo. Faits divers " qui ont marqué l'année dernière la une des journaux ", exofiction, c'est-à-dire récits inspirés de personnages réels, donneront la tendance.
N'est-ce pas là un peu " trop de réalité ", comme disait Annie Lebrun ?
La littérature doit-elle toujours raser le réel, épouser servilement le connu ?
Perdre tout recul par rapport à son temps, à ses questions, à ses duretés ? 
Oublier ce qui est en avant, ce qui soulève ? Négliger le signe ascendant comme disait André Breton, qui connut, lui aussi pourtant, une période historique plus que sombre -- catastrophique ?
La littérature ne doit-elle pas être " puissance de transformation " plutôt que reflet passif, consentant ?
Voilà les questions que se pose le libraire, convaincu qu'il saura trouver dans la production les ouvertures.
 


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