lundi 3 octobre 2016

Poésie du vent et, en particulier, de l'écir



François Cassingena-Trévedy,
Cantique de l'infinistère,
Desclée de Brouwer, 176 pages, 16,90 €
" Les ouragans d'hiver s'appellent écirs ; et on leur a donné un nom particulier, parce qu'alors la terre étant couverte de neige, ils produisent sur cette neige un effet qu'il a fallu désigner par une dénomination quelconque. Un écir diffère des ouragans de certaines îles et de certains continents, en ce qu'il ne souffle point, comme eux, d'un point déterminé de l'horizon. Dans les montagnes d'Auvergne c'est un vent quelconque ; mais il ressemble à ceux-ci en ce qu'il a une violence affreuse, et que comme eux il souffle sans interruption, et avec la même impétuosité, pendant plusieurs jours. Partout où il passe,
il chasse et balaie devant lui la neige. Celle dont
il dépouille en partie les champs et les montagnes,
il la porte dans les gorges, les ravins et les ruisseaux. Elle chemine, toujours poussée en avant, jusqu'à ce qu'elle trouve un abri derrière lequel elle s'arrête. Plus de chemins. Ce qui auparavant était creux devient de niveau avec la terre. M. Duvergier, prieur-curé de Sauzei-le-Froid, m'a dit que l'hiver dernier, sa cour, dont le mur a six ou sept pieds de haut, avait été tellement encombrée de neige, que pour aller à l'église, il avait passé par-dessus la muraille. "
Cette parfaite description de l'action du vent auvergnat est extraite du Voyage d'Auvergne, rapporté par Jean-Baptiste Le Grand d'Aussy en 1788.
Elle figure en note du Cantique de l'infinistère qui vient de paraître sous la plume de François Cassingena-Trévedy, aux éditions Desclée de Brouwer.
Si l'orthographe du village de Sauzei-le-Froid s'est légèrement transformée (elle est devenue Saulzet-le-Froid), l'indication climatique qu'elle contient reste intéressante.
Le village est beau et commande de magnifiques vues lorsqu'on se promène dans ses environs.
Quant au Voyage d'Auvergne, de Le Grand d'Aussy, tout le monde peut remarquer qu'il fut édité à Paris chez un certain Eugène... Onfroy.



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