mardi 6 février 2018

Forts, forts lointains

Peintures des lointains, Musée du quai Branly Jacques Chirac,
Skira, 270 pages, 45 €
" Partir pour peindre  d'autres  horizons. Le voyage est avant tout une promesse heureuse. Rupture avec le familier, il est synonyme de dépaysement et de découvertes. Les déplacements d'artistes évoqués ne sont pas ceux d'exilés. Ils rendent possible un renouveau de la création, au contact d'une lumière nouvelles, de couleurs inédites, de motifs et sujets d'inspiration inhabituels. Sensations et émotions face à l'inconnu sont recueillies à la surface de la toile et de la feuille. L'œuvre devient plus belle encore que le réel, invitant celui qui la regarde à l'évasion. C'est ainsi que les " ailleurs " suscitent rêves et fantasmes des Occidentaux. Au fil des rencontres de l'Europe avec les autres continents, des terres paradisiaques, peuplées d'habitants incarnant un âge d'or de l'humanité, investissent les imaginaires. Phénomène culturel de goût pour l'étranger, l'exotisme place sous des auspices bienveillants le rapport à l'autre et à l'ailleurs. Mais l'attirance pour d'autres cultures se nourrit d'illusions. Les images exotiques tendent à se ressembler et dissimulent fréquemment une perception superficielle ou déformées d'autres cultures. "
Le sujet est parfaitement posé. Restent ces innombrables images, fluctuant de l'idyllique au cliché, rapportées par les peintres antipodiques. Leur iconographie s'appliqua aux types humains et aux paysages d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques tels qu'on peut les voir aujourd'hui au musée Branly et tels qu'ils sont commentés dans ce beau catalogue.
L'appel du Sud fut ressenti par les écrivains aussi. Témoin Jack London qui, sur son voilier Le Snark, appareilla pour le Pacifique, la Polynésie et la Mélanésie. Son voyage dura un an et demi entre avril 19078 et novembre 1908 et lui inspira articles et romans, ainsi que de nombreuses photographies. C'est ce matériel amassé au cours de ses escales que fait admirer Jack London dans les mers du Sud.
Michel Viotte, Marianne Pourtal Sourrieu,
Jack London dans les mers du Sud,
La Martinière, 192 pages, 25 €

Aucun commentaire:

Publier un commentaire