mardi 18 avril 2017

Mon père chinois

Yan Lianke, Songeant à mon père,
traduit du chinois par Brigitte Guilbaud,
Picquier poche, 128 pages, 6,50 €
Le meilleur premier chapitre de la semaine est signé Yan Lianke. Il tient en un peu plus de deux pages de belle intensité et commence par la question fondamentale : " Qui suis-je ? "
Ce sont les paysans de la région natale de Yan Lianke, gens très simples, et non les lettrés de Pékin, mondains sophistiqués, qui vont l'aider à répondre à son interrogation.
Quand il vit sa mère arriver vers lui dans le bourg de Tianhu, dans le district de Song, il sut qui il était. Elle binait dans un champ au bord du fleuve et avait emprunté une bicyclette pour rentrer plus vite. Une note digne d'Albert Camus.
Né en 1958, Yan Lianke est un des écrivains chinois contemporains les plus en vue et les moins bien en cour. Limogé de l'armée populaire où il s'était engagé en 1979, plusieurs de ses livres ont été publiés par Picquier. Dont Les Quatre livres, terrible évocation du " Grand bon en avant ", qui fit 36 millions de morts. Les courts récits qui forment Songeant à mon père, parlent de la vie des campagnes chinoises. L'autobiographie leur donne un accent de vérité que peu d'ouvrages de fiction savent atteindre.

Yan Lianke, Les Quatre livres,
traduit du chinois par Sylvie Gentil,
Picquier, 416 pages, 20,80 €

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