mardi 17 janvier 2017

Mâcher ses mots et autres gamineries

Eric Chevillard, Ronce-Rose, Minuit,
142 pages, 13,80 €
Quelqu'un qui aime à ce point les mots ne peut pas être complètement mauvais.
C'est ce que le libraire se dit immédiatement en lisant Ronce-Rose, sans trop savoir où est en train de le conduire Eric Chevillard. Et ce sentiment est agréable.
Il y a plein de vocables que Ronce-Rose, l'héroïne de ce roman (comme il est indiqué sur la couverture du livre)  ne comprend pas :
" Ornithologie " ou les mots de l'expression " âpre au grain ". "Gérontologie " non plus (vocable dont elle devrait, si jeune, se méfier).
En revanche, elle connaît du russe : isba et samovar et apprécie, comme Mâchefer, son copain, les mots français " parfum", " jeune
fille ", " harmonie " et l'expression : " le bonheur passait il a fui ".
Avez-vous suivi ?
Vous ne devriez plutôt pas. 
Car la logique n'est pas le fort de Ronce-Rose.
Le rapport du mot à la chose, l'arbitraire du signe et tout le tralala linguistique, voilà ce qui l'intrigue. Attendu qu'elle est de la famille d'Alice (celle du pays des merveilles,  patrie préférée du libraire) et de Zazie (celle du métro, pas la chanteuse).
Eric Chevillard, quand il n'imagine pas les mots qui font vivre Ronce-Rose tient une chronique littéraire dans Le Monde. L'une des meilleures sur le marché. Car il ne mâche pas ses mots.
Ce qui fait plusieurs plumes à son chapeau. Pour parler comme Ronce-Rose qui n'est pas née de la dernière pluie et prend les mots à la lettre. Voilà, c'est dit. Ronce-Rose que l'on surnomme
" moulin à paroles " et qui est " blonde comme les blés ", se lit par ailleurs comme un conte d'aujourd'hui.

Eric Chevillard, L'autofictif à l'assaut des cartels,
L'Arbre vengeur, 224 pages, 15 €

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