jeudi 18 mai 2017

Fautes de français et langage codé

Muriel Gilbert, Au bonheur des fautes,
Vuibert, 256 pages, 17,90 €
" Comme le chat aime les souris, moi, j’aime les fautes. Les attraper, c’est mon plaisir – et mon gagne-pain : je suis correctrice au journal Le Monde, confesse Muriel Gilbert, qui poursuit :
Les fautes, elles sont partout car tout le monde en fait. Beaucoup sont drôles ou instructives, certaines sont belles comme des bijoux précieux.
Avec ce livre, j’ai voulu vous ouvrir la porte du bureau des correcteurs, lieu mystérieux où l’on tutoie les dictionnaires et où l’on s’interroge sur la couleur des vaches, la différence entre une mitraillette et une mitrailleuse, les noms des fromages et les accords du participe passé.
Mais je partage aussi mes trucs et astuces pour déceler les fautes en un clin d’œil et vous verrez qu’à l’heure des logiciels de correction rien ne remplace un bon vieux stylo rouge… "
Le libraire tremble en pensant au nombre de coquilles, fautes d'accord et autres galimatias qu'il a dû commettre dans ses 735 billets mise en ligne jusqu'ici (c'était l'occasion rêvée de placer ce léger motif de fierté).
Le livre de Daniel Heller-Roazen s'attache à un phénomène qui concerne tous ceux qui aiment la vie des mots : ce que l'auteur appelle les langues volontairement obscures, autrement dit les argots et les jargons. " Chaque fois que des humains parlent une langue, ils s'efforcent aussi de créer, avec la grammaire qu'ils connaissent, des langues secrètes. Celles-ci peuvent être plaisantes ou sérieuses, jeux d'enfants ou travail d'adultes, aussi impénétrables que des langues étrangères. " L'essai de Daniel Heller-Roazen est très savant, mais il n'est pas obscur quant à lui. Les nombreux exemples qu'il présente le rend transparent. Comme cette devinette venue du pays d'Odin en forme de bulletin météorologique codé :

Quel est celui-là, le grand
Qui passe au-dessus de la terre,
Il enveloppe lacs et forêts,
Il craint la tempête,
Mais pas les hommes
Et cherche querelle au soleil.
Roi Heidrekr

Réfléchis à l'énigme.

Réponse :

Ton énigme est bonne, Gestumblindi, elle est devinée. C'est le brouillard. Il enveloppe la terre, en sorte qu'on ne voit rien à cause de lui, pas même le soleil, mais il se dissipe quand le vent se lève.

Daniel Heller-Roazen, Langues obscures.
L'art des voleurs et des poètes
,

traduit de l'anglais par Françoise et Paul
Chemla, Seuil, 288 pages, 24 €
 



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