dimanche 5 février 2017

Retour en Bourbonnais

Harry Alis, Petite ville,
Pré-Textes, 264 pages,  18 € 
" Il s'agit d'un roman sous forme de lettres.
Le narrateur, écœuré  de l'existence parisienne, revient en Bourbonnais, son pays natal. Il veut changer ses habitudes et observer la vie provinciale. Il s'installe donc dans un hôtel de Larcy (Lurcy-Lévis) et, presque chaque jour, il écrit à son meilleur ami. "
Ainsi les éditions Pré-Textes présentent-elles par la voix de Simone Raynaud,  Petite Ville (1886), roman d'un auteur tombé dans l'oubli : Harry Alis, nom de plume d'Hypolite Percher.
Journaliste et écrivain, Alis/Percher naquit dans l'Allier en 1857 et mourut en 1895 sur l'île de la Grande Jatte, rendue célèbre par le tableau de Seurat... et par le duel au cours duquel le romancier perdit la vie. Comme Evariste Galois, Pouchkine et Robert Caze, romancier naturaliste, comme lui, et aussi oublié que lui.
Harry Alis prit un risque en situant son roman, d'une veine réaliste et fortement autobiographique,
dans une ville où chacun connaît son voisin (souvenez-vous de ce qu'il arriva à Pierre Jourde).
Extrait :
" M. le maire, qui n'était pas fâché de voir la femme, acquiesça. Boutin, au point où en étaient les choses, jugea inutile de mettre opposition. Le gendarme fut posté à la porte et les autorités visitèrent les pièces l'une après l'autre. Au premier, enfin, dans la chambre à coucher, ils trouvèrent mademoiselle Juanita, de l'Alcazar, assise en son costume de parade. Ils s'arrêtèrent interloqués. Boutin, réfléchissant aux conséquences du scandale, paraissait un peu confus. Juanita se mit à bailler, puis, ennuyée de se voir examinée comme une bête curieuse, elle dit :
Quand vous aurez fini de me dévisager ? C'est bien moi en chair et en os. Même que ça commence à m'embêter d'être calfeutrée comme ça. Ils sont pas mal gnoles vos administrés, mon petit père municipal. "
Le roman fit scandale, en effet, et Petite ville est le troisième roman que les éditions Pré-Textes font revivre, après Passage d'Angeline (Albert Fleury) et La Haine maternelle (Simone de Tervagne).
Harry Alis


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