vendredi 13 mai 2016

Nouvelles des îles

Nikos Kazantzaki, Rapport au Gréco,
traduit du grec par Michel Saunier,
477 pages, 25 €
Après Alexis Zorba, qui n'était plus disponible en librairie depuis des lustres ; après leur nouvelle traduction de La Lettre au Gréco, sous le titre Rapport au Gréco, introuvable depuis bien plus longtemps encore, les éditions Cambourakis continuent de servir l'œuvre de Nikos Kazantzaki.
Cette fois, c'est La Liberté ou la mort qui renaît, long roman fourmillant de personnages dans lequel l'auteur cherche, une nouvelle fois, à cerner la spécificité de son île natale : la Crète, dans sa lutte pour secouer le joug ottoman.
Dans une lettre à l'un de ses amis, Kazantzaki confiait :
" Je suis immergé dans Capétan Michel [La Liberté ou la mort]. Je m'efforce de ressusciter l'Héraklion de mon enfance. Quelle joie, quelle émotion, mais, en même temps, quelle responsabilité ! Des milliers de visages morts de longue date surgissent dans ma mémoire et réclament leur petite place au soleil, deux ou trois lignes, un bon mot. Ils savent que c'est leur seule chance de résurrection. Qui d'autre écrirait sur eux ? "
                                                     
                                            *

Le rapprochement peut paraître osé, mais les éditions Zulma poursuivent de leur côté la réédition au format semi-poche des écrits de Dany Laferrière. Deux récits sur la magie de l'enfance viennent de paraître : Le Charme des après-midi sans fin et L'Odeur du café. Nous ne sommes plus sur l'île de Crète chère à Kazantzaki, mais en Haïti, à un jet de pierre de Petit-GoâveDany Laferrière a grandi dans les années 1960. Voici les flamboyants de la cour de l'école ; voici le caporal Bazil ; voici Djo ; voici surtout Da, la grand-mère tant aimée de Vieux Os, alias Dany Laferrière.
" Tu es dans la lune Vieux Os. Non, Da, plutôt dans le temps ".
Dans la machine à remonter le temps. Comme Kazantzaki sur son île, après tout.
Dany Laferrière, Le Charme des
après-midi sans fin, Zulma,
226 pages, 9,95 €
 



Aucun commentaire:

Publier un commentaire