mercredi 11 octobre 2017

Eloge du rêveur de mots

Georges Picard, Cher lecteur,
Corti, 190 pages, 17 €
" Bon nombre des plus belles journées de mon existence, je les ai passées à réfléchir et à rêver, un livre ou un stylo à la main, dans la solitude et le silence, loin de l'agitation sociales et de ses contraintes asphyxiantes. Ce que j'ai le mieux compris, c'est ce que j'ai perçu par mes lectures et, à la rigueur, ce que j'ai découvert en écrivant. Certains copains de mon adolescence me traitaient de " rat de bibliothèque " (jusqu'à ce que je les humilie à la course, j'y étais bon, je parle du cent mètres). "
Le libraire se reconnaît bien dans cet autoportrait que trace Georges Picard (mais lui, plutôt que le cent mètres, c'était plutôt le football qu'il pratiquait).
Et aussi dans cet autre passage de Cher lecteur : " Un livre qui se referme sans laisser au cœur du lecteur un sentiment de nostalgie n'est qu'un simple passe-temps. Il y a une douleur à quitter ce que l'on aime, humain ou bouquin, mais, dans ce dernier cas, la petite douleur causée par le mot Fin se mêle au plaisir de pouvoir recommencer immédiatement la lecture. "
Une autre stratégie du lecteur enragé consiste à ralentir, par tous les moyens honnêtes (se lever, regarder par la fenêtre rêveusement, croquer une pomme, admirer les arbres, ranger son bureau) la lecture qui est en train de le ravir.
D'ailleurs, le libraire n'a pas encore refermé le livre de Georges Picard. Manière de rester plus longtemps en bonne compagnie.

Un rêveur de mots : Gaston Bachelard

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